CPF 2026 : reste à charge, plafond et ce qui change
Maxime Pélerin · mis à jour le 23 juillet 2026En 2026, deux mesures redessinent le CPF : un reste à charge du titulaire porté à 150 euros, et un plafond de financement de 1 500 euros pour une partie des certifications. Ces évolutions concernent autant les titulaires de compte que les organismes de formation.

L’année 2026 marque un tournant pour le Compte personnel de formation. Deux mesures réglementaires distinctes redessinent les conditions d’accès aux formations financées par le CPF : la hausse du reste à charge du titulaire, porté à 150 euros, et l’instauration d’un plafond de financement de 1 500 euros pour une partie des certifications. Ces évolutions concernent directement les titulaires de compte, mais aussi les organismes de formation qui commercialisent des actions éligibles. Voici, sources officielles à l’appui, ce qui change réellement.
Le reste à charge du titulaire passe à 150 euros
Depuis le 2 avril 2026, la participation forfaitaire obligatoire que doit acquitter le titulaire pour mobiliser son CPF s’élève à 150 euros. Ce nouveau montant résulte du décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 et s’applique à toute demande d’inscription à une action de formation éligible déposée à compter de cette date. Le titulaire règle cette somme au moment de l’inscription, directement sur la plateforme Mon Compte Formation.
Cette participation n’est pas une nouveauté. Elle a été introduite par la loi de finances pour 2023 et concrétisée à partir du 2 mai 2024, date à laquelle elle avait été fixée à 100 euros. Ce forfait est ensuite revalorisé chaque année en fonction de l’indice des prix à la consommation : il atteignait 102,23 euros au 1er janvier 2025, puis 103,20 euros au 1er janvier 2026. Le passage à 150 euros représente donc une hausse marquée par rapport à la simple indexation, et non un ajustement automatique. Pour le détail officiel, voir l’actualité de Service-Public.fr sur la participation forfaitaire.
Qui reste exonéré du reste à charge
Plusieurs publics demeurent dispensés de cette participation forfaitaire. L’exonération n’est donc pas marginale, elle vise des situations précises et identifiées par les textes.
- Les demandeurs d’emploi, qui ne paient aucun reste à charge lorsqu’ils mobilisent leur CPF.
- Les salariés dont la formation bénéficie d’un abondement de l’employeur, c’est-à-dire d’un cofinancement venant compléter les droits du compte.
- Les titulaires qui mobilisent des points acquis au titre du compte professionnel de prévention (C2P).
- Les victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle relevant d’une prise en charge AT-MP.
L’abondement de l’employeur joue ici un double rôle : il complète le financement de la formation et il neutralise le reste à charge pour le salarié. C’est un levier que beaucoup d’entreprises mobilisent dans le cadre de leur plan de développement des compétences.
Un plafond de 1 500 euros sur les certifications du Répertoire Spécifique
La seconde évolution majeure de 2026 est l’instauration de plafonds de prise en charge. Le décret n° 2026-127 du 24 février 2026, entré en vigueur le 26 février 2026, fixe à 1 500 euros le plafond de droits mobilisables sur le CPF pour les formations sanctionnées par une certification ou une habilitation enregistrée au Répertoire Spécifique (RS). Le texte officiel est consultable sur Légifrance, décret n° 2026-127.
Concrètement, lorsqu’une formation préparant à une certification du Répertoire Spécifique coûte plus de 1 500 euros, le CPF ne couvre plus que cette somme. La différence doit être financée par une autre source : reste à charge personnel du titulaire, abondement de l’employeur ou cofinancement d’un OPCO. Cette mesure cible des actions dont le coût moyen affiché dépasse souvent ce seuil, notamment certaines certifications en langues, en bureautique ou en management.
Une exception : la certification CléA
Le décret prévoit une exception explicite. La certification relative au socle de connaissances et de compétences professionnelles, plus connue sous le nom de CléA, est exclue du plafond de 1 500 euros. Les formations menant à CléA continuent donc d’être prises en charge sans cette limite spécifique.
D’autres actions également plafonnées
Le même décret encadre d’autres types d’actions financées par le CPF. Les plafonds suivants s’appliquent désormais.
- Les bilans de compétences sont plafonnés à 1 600 euros, avec une condition supplémentaire : le titulaire ne doit pas avoir bénéficié d’un financement de ce type au cours des cinq années précédentes.
- Les préparations aux épreuves du permis de conduire pour les véhicules du groupe léger sont plafonnées à 900 euros, avec un cofinancement minimal de 100 euros par un tiers pour ouvrir l’accès à ces préparations.

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« Ce que je retiens de ces deux décrets, c’est qu’ils ne changent pas seulement le prix payé par le stagiaire, ils changent la conversation au moment de l’inscription. Le reste à charge de 150 euros et le plafond de 1 500 euros sur le Répertoire Spécifique obligent à parler argent dès le premier échange, et c’est plutôt sain.
Pour les organismes, mon conseil est simple : clarifiez noir sur blanc, sur chaque page de formation, la part financée par le CPF et le reste à financer. Si une de vos certifications RS dépasse 1 500 euros, préparez à l’avance vos solutions de cofinancement employeur ou OPCO, et n’hésitez pas à orienter vers un titre RNCP non plafonné quand cela sert vraiment le projet du candidat. »
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Découvrir · 329 € HTCe qui ne change pas : les certifications du RNCP
Un point essentiel doit être souligné pour éviter les confusions. Le plafond de 1 500 euros ne concerne que les certifications et habilitations du Répertoire Spécifique. Les formations préparant à une certification professionnelle inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), c’est-à-dire les diplômes et titres à finalité professionnelle, restent mobilisables sans plafond d’utilisation spécifique. Cette distinction entre RS et RNCP devient donc déterminante pour anticiper le financement réel d’un parcours.
Ce que cela change pour les titulaires
Pour les actifs qui souhaitent se former, le calcul du budget se complexifie. Au reste à charge forfaitaire de 150 euros, désormais applicable sauf exonération, peut s’ajouter le dépassement du plafond de 1 500 euros lorsque la formation visée prépare à une certification du Répertoire Spécifique au-delà de ce montant. Le titulaire doit donc vérifier deux éléments avant de s’inscrire : son éligibilité à une exonération du reste à charge, et la nature de la certification visée, RS ou RNCP, pour savoir si le plafond s’applique.
Dans la pratique, ces deux mesures incitent à anticiper davantage le financement. Un demandeur d’emploi visant un titre RNCP reste dans la situation la plus favorable, sans reste à charge ni plafond. Un salarié visant une certification RS coûteuse devra, lui, prévoir un complément de financement, idéalement via un abondement de son employeur qui le dispense en plus du forfait de 150 euros.
Ce que cela change pour les organismes de formation
Pour les organismes qui commercialisent des formations CPF, l’impact est direct, en particulier pour ceux dont le catalogue repose sur des certifications du Répertoire Spécifique. Lorsque le prix affiché dépasse 1 500 euros, une partie du financement échappe désormais au CPF et doit être couverte autrement. Cela suppose d’adapter le discours commercial et d’accompagner le futur stagiaire dans la recherche d’un cofinancement.
Plusieurs ajustements deviennent stratégiques pour les organismes concernés.
- Revoir la grille tarifaire des formations RS pour situer le prix par rapport au plafond de 1 500 euros et clarifier le reste à financer pour le prospect.
- Intégrer le reste à charge de 150 euros dans l’information donnée au candidat, en précisant les cas d’exonération qui peuvent le faire disparaître.
- Développer les solutions de cofinancement : abondement employeur, prise en charge OPCO, ou orientation vers une certification RNCP non plafonnée lorsque c’est pertinent.
- Mettre à jour les pages de vente et les supports d’information pour rester conformes et transparents sur le coût réel supporté par le stagiaire.
Le positionnement entre Répertoire Spécifique et RNCP devient un véritable choix d’offre. Un organisme dont une certification approche ou dépasse le seuil de 1 500 euros a tout intérêt à clarifier, dès le premier contact, la part financée par le CPF et la part à compléter. La transparence sur le financement n’est plus seulement une bonne pratique commerciale, elle conditionne la conversion des prospects en stagiaires.
Les textes de référence à retenir
Deux décrets structurent ces changements et constituent les sources officielles à conserver. Le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 fixe le reste à charge à 150 euros à compter du 2 avril 2026. Le décret n° 2026-127 du 24 février 2026 instaure le plafond de 1 500 euros pour les certifications du Répertoire Spécifique, hors CléA, ainsi que les plafonds applicables aux bilans de compétences et aux préparations au permis de conduire. Pour suivre l’évolution officielle de ces règles, la plateforme Mon Compte Formation détaille les nouvelles règles de mobilisation du CPF.
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Découvrir l’accompagnementQuestions fréquentes
Quel est le montant du reste à charge CPF en 2026 ?
Depuis le 2 avril 2026, la participation forfaitaire obligatoire du titulaire pour mobiliser son CPF est de 150 euros, en application du décret n° 2026-234 du 30 mars 2026. Elle était auparavant de 100 euros en 2024, puis revalorisée à 103,20 euros au 1er janvier 2026.
Qui est exonéré du reste à charge de 150 euros ?
Sont dispensés de la participation forfaitaire les demandeurs d’emploi, les salariés dont la formation bénéficie d’un abondement de l’employeur, les titulaires mobilisant leur compte professionnel de prévention (C2P) et les victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle relevant d’une prise en charge AT-MP.
Quel est le plafond de financement CPF en 2026 ?
Le décret n° 2026-127 du 24 février 2026 fixe un plafond de 1 500 euros pour les formations menant à une certification ou habilitation du Répertoire Spécifique, à l’exception de la certification CléA. Les bilans de compétences sont plafonnés à 1 600 euros et les préparations au permis de conduire du groupe léger à 900 euros.
Le plafond de 1 500 euros s’applique-t-il aux diplômes RNCP ?
Non. Le plafond de 1 500 euros ne concerne que les certifications du Répertoire Spécifique. Les formations préparant à une certification professionnelle inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) restent mobilisables sans ce plafond spécifique.
Que se passe-t-il si ma formation RS coûte plus de 1 500 euros ?
Le CPF ne couvre alors que 1 500 euros. La différence doit être financée par un autre moyen : reste à charge personnel, abondement de l’employeur ou cofinancement d’un OPCO.
À partir de quelle date ces changements s’appliquent-ils ?
Le plafond de 1 500 euros sur les certifications du Répertoire Spécifique est entré en vigueur le 26 février 2026. Le reste à charge de 150 euros s’applique aux demandes d’inscription déposées à compter du 2 avril 2026.

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