Thomas a passé douze ans dans la maintenance industrielle avant d’intervenir en CFA, deux jours par semaine, auprès d’apprentis en bac pro. Il a découvert qu’il aimait ça : expliquer un schéma hydraulique à un jeune de dix-sept ans qui n’y comprenait rien la veille, et le voir réussir son épreuve. Le CFA lui proposait un volume correct, mais toujours à l’année, toujours renouvelé au dernier moment.
Le point de départ : intervenir sans structure, c’est un plafond
Un CFA recrute des professionnels du métier pour enseigner — c’est même sa logique. Mais tant que vous intervenez comme vacataire ou comme prestataire sans structure, vous ne pouvez répondre à rien d’autre. Thomas recevait des demandes d’entreprises du secteur pour former leurs équipes en interne. Il devait les refuser : pas de convention possible à son nom.
« J’ai refusé trois demandes en un an. La troisième, c’était une boîte de quarante personnes. C’est là que j’ai compris que le problème n’était pas le marché, c’était moi. »
Le déclic : une demande qu’on ne peut plus refuser
La quatrième demande venait d’un ancien collègue devenu responsable de production. Formation habilitation et maintenance préventive, deux sessions, une quinzaine de personnes. Thomas a demandé quinze jours, le temps de monter sa structure.
Le dossier de déclaration monté et déposé à la DREETS pour vous, vos documents obligatoires rédigés, la présentation de votre formation et 6 mois de Formiva. Vous ne remplissez rien.
Découvrir · 490 € HTLes étapes, une peur qui tombe à chaque fois
Comme beaucoup, il croyait qu’il fallait un agrément préalable. Il n’y en a pas. La déclaration d’activité se dépose auprès de la DREETS dans les trois mois qui suivent la première convention, et le numéro obtenu n’est pas une autorisation d’exercer : c’est un enregistrement. Le statut juridique importe peu — micro-entreprise, entreprise individuelle, SASU sont tous éligibles. Ce qui compte, c’est la preuve contractuelle : une convention signée des deux côtés pour un client entreprise. Un devis signé ne suffit pas.
Le premier trimestre en chiffres
- Deux sessions réalisées pour l’entreprise qui l’avait sollicité
- Un numéro de déclaration d’activité obtenu après dépôt du dossier
- Ses heures en CFA conservées, sans conflit avec sa nouvelle activité
- Un premier programme structuré, réutilisable pour les clients suivants
Aujourd’hui
Thomas partage son temps entre le CFA et ses clients directs. Il a gardé l’apprentissage parce qu’il y tient, et parce que c’est là qu’il rencontre les entreprises qui l’appellent ensuite. Sa démarche Qualiopi est engagée : sans elle, ses clients ne peuvent pas mobiliser leur OPCO.
Ce qui coince le plus souvent
Le premier point est la disponibilité. Les heures en CFA suivent le calendrier de l’alternance, avec des semaines chargées et d’autres vides. Ce sont ces dernières qui rendent la double activité possible, à condition de les planifier à l’avance.
Le deuxième est le réseau. Un formateur en CFA côtoie en permanence des entreprises d’accueil : ce sont ses premiers clients potentiels. Encore faut-il pouvoir leur adresser une convention le jour où ils le demandent.
Le troisième est le contenu. Former des apprentis et former des salariés en poste ne se recouvrent pas : les seconds veulent du concret immédiatement applicable, sur des formats courts. Le programme se réécrit, il ne se recycle pas.
Ce qu’il faut vraiment pour démarrer
Rien de matériel : Thomas forme chez ses clients, sur leurs installations. Le seul investissement réel a été le temps d’écrire son premier programme, réutilisé depuis pour chaque nouvelle entreprise.
Le reste est une question d’organisation : caler ses interventions sur les semaines où les apprentis sont en entreprise, pour ne jamais avoir à choisir.
Comment reproduire ce parcours chez vous
Si vous intervenez déjà en CFA, vous avez la compétence, la légitimité et souvent le carnet d’adresses. Ce qui vous manque tient dans un dossier administratif. Monter sa structure ne signifie pas quitter le CFA — la plupart gardent leurs heures et ajoutent leurs propres clients à côté.
Étude de cas illustrative, donnée à titre d’exemple pour représenter un parcours type. Les témoignages de nos clients réels seront publiés prochainement.
