Élodie pratique le maquillage permanent depuis sept ans. Sourcils, lèvres, dermopigmentation réparatrice. Des consœurs lui demandent régulièrement de leur apprendre la technique.
Le point de départ : un métier déjà encadré
Le maquillage permanent, dont le microblading, est assimilé au tatouage par effraction cutanée au sens du code de la santé publique. Deux obligations en découlent pour qui pratique : une formation hygiène et salubrité d’au moins 21 heures (arrêté du 12 décembre 2008) et une déclaration de l’activité auprès de l’ARS, l’attestation de formation devant être jointe.
Élodie avait tout ça. Ce qui lui manquait était ailleurs : transmettre la technique à d’autres professionnelles, contre facture, suppose de déclarer une activité de formation. Deux cadres différents, deux démarches.
« Je confondais les deux. Être en règle pour piquer, et être en règle pour enseigner, ce n’est pas la même chose. »
Les étapes, une peur qui tombe à chaque fois
Trois choses le rassurent, et elles valent pour tout le monde. Aucun diplôme de formateur n’est exigé pour déclarer une activité de formation. La déclaration ne se demande pas avant : elle se dépose auprès de la DREETS dans les trois mois qui suivent la première convention signée — on signe, on forme, on déclare. Et le numéro de déclaration n’est pas Qualiopi : on peut facturer une entreprise sans être certifié, la certification ne devenant nécessaire que pour aller chercher des fonds publics ou mutualisés.
Le dossier de déclaration monté et déposé à la DREETS pour vous, vos documents obligatoires rédigés, la présentation de votre formation et 6 mois de Formiva. Vous ne remplissez rien.
Découvrir · 490 € HTLe premier trimestre en chiffres
- Une première convention de formation signée des deux côtés
- Un numéro de déclaration d’activité obtenu quelques semaines après le dépôt à la DREETS
- Les documents obligatoires en place : CGV, règlement intérieur, convention, programme
- Première session de trois élèves, en petit groupe
Aujourd’hui
Élodie forme une semaine par mois et continue sa pratique le reste du temps. Ses élèves viennent parce qu’elle exerce encore : c’est l’argument qu’aucune école ne peut lui prendre.
Ce qui coince le plus souvent
La confusion majeure est entre deux cadres qui n’ont rien à voir : celui de la pratique (hygiène et salubrité, déclaration ARS) et celui de l’enseignement (déclaration d’activité de formation). Être en règle pour l’un ne dit rien de l’autre.
Deuxième point : les élèves. Former à une technique d’effraction cutanée suppose de vérifier que la personne formée pourra elle-même exercer légalement. Un programme sérieux intègre cette vérification en amont, plutôt que de la découvrir après.
Troisième point : la taille des groupes. Sur un geste technique, la valeur perçue s’effondre au-delà de quatre à cinq élèves. Mieux vaut des sessions courtes et petites, facturées à leur valeur, que des promotions ingérables.
Ce qu’il faut vraiment pour démarrer
Un espace conforme, du matériel à usage unique et de quoi faire pratiquer : sur peau synthétique d’abord, sur modèle ensuite. C’est le poste le plus lourd, mais il recoupe souvent l’équipement déjà utilisé en pratique.
Le reste est documentaire. Et le format — petits groupes, sessions courtes — permet de démarrer sans agrandir son local.
Comment reproduire ce parcours chez vous
Si vous exercez déjà ce métier et qu’on vous demande déjà des conseils, vous avez la légitimité. Le frein n’est presque jamais la compétence : c’est le dossier administratif, et ça se délègue. Beaucoup gardent leur activité actuelle et montent leur structure à côté, ce qui reste le moyen le plus sûr de tester.
Étude de cas illustrative, donnée à titre d’exemple pour représenter un parcours type. Les témoignages de nos clients réels seront publiés prochainement.
