De chef de cuisine à formateur HACCP : le CV qui décroche enfin des missions
Maxime Pélerin · mis à jour le 5 août 2026Yann, ancien chef de cuisine, envoyait un CV qui ne parlait que de brigades et de services. Voici comment il l'a transformé en CV de formateur qui décroche des missions.

Yann a passé dix-huit ans en cuisine, dont les huit dernières comme chef dans un restaurant de groupe. L’hygiène alimentaire, les plans de maîtrise sanitaire, les contrôles de la DDPP, il connaissait ça par cœur, et c’est lui qui formait les nouveaux commis aux règles HACCP à chaque embauche. À 44 ans, le rythme des services l’a rattrapé et une idée s’est imposée : transmettre plutôt que produire, devenir formateur en hygiène alimentaire. Il avait la matière. Ce qu’il n’avait pas, c’était un CV qui le disait. Le sien alignait ses postes de commis, de second, de chef, dans l’ordre chronologique, comme pour postuler en cuisine. Un organisme de formation qui le lisait n’y voyait qu’un cuisinier de plus. Personne ne le rappelait.
Mise à jour (août 2026) : le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 fait passer le référentiel Qualiopi de 32 à 33 indicateurs à compter du 1er novembre 2026. Jusqu’au 31 octobre 2026, les 32 indicateurs présentés ici restent le référentiel applicable. Voir ce qui change en détail.
Le point de départ : les doutes qui bloquent
« Mon CV, c’est celui d’un cuisinier, pas d’un formateur. Je me disais : qui va me confier une session de formation en voyant ça ? »
« Je n’ai aucun titre de formateur, pas de FPA, rien. J’étais persuadé qu’on écartait mon CV dès la première ligne à cause de ça. »
« Je n’avais presque rien à chiffrer côté formation. Et je refusais d’inventer des heures ou des stagiaires que je n’avais jamais eus, ça se retourne contre vous. »
Le déclic : un premier pas
Le déclic est venu d’un responsable d’un petit organisme de formation, croisé lors d’un salon des métiers de bouche. Yann lui a tendu son CV. L’homme l’a parcouru dix secondes et lui a lâché, sans méchanceté : « Votre atout, il est enterré à la moitié de la page. Je vois un chef, je ne vois pas ce que vous formez ni pour qui. » Yann n’a pas refait tout son CV ce soir-là. Il a juste réécrit le premier bloc, en haut : une accroche qui annonçait « Formateur en hygiène alimentaire et HACCP, pour personnels de restauration commerciale et collective », suivie de ses domaines d’intervention et des publics visés. Le reste de son parcours restait dessous, mais devenait de la preuve, plus l’argument. Ce simple réagencement lui a fait comprendre qu’il ne lui manquait pas de l’expérience, il lui manquait une façon de la présenter. C’est ce petit pas qui l’a décidé à se faire accompagner.
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Les étapes, une peur qui tombe à chaque fois
Reconstruire le CV autour de l’expertise et des publics, pas de la chronologie. La première étape a été de retourner le CV de fond en comble. En tête : une accroche ciblée et les domaines d’intervention (hygiène en restauration, méthode HACCP, plan de maîtrise sanitaire, formation obligatoire des personnels). Juste en dessous, les publics formés, cuisiniers, commis, personnel de salle, gérants de petits établissements. Ensuite seulement venait l’expérience, et là on a fait le tri de ce qui était traçable et honnête. Yann croyait n’avoir rien à chiffrer, mais en creusant, il avait formé plus de trente commis aux règles d’hygiène en interne, encadré des mises en situation, rédigé les procédures affichées en cuisine. On a transformé ça en lignes concrètes : nombre de personnes formées, heures d’accompagnement estimées prudemment, supports créés. Son expérience de chef n’était plus une ligne de carrière, elle devenait sa légitimité de terrain. Le CV se lisait désormais en dix secondes et disait immédiatement sur quoi il formait et pour qui.
Se déclarer pour rendre le CV crédible et pouvoir facturer. Un beau CV ne sert à rien si, quand un organisme ou un restaurant dit oui, on ne peut pas émettre une facture. C’est le point que Yann n’avait pas anticipé. Pour intervenir en formation professionnelle et être pris au sérieux, il fallait un statut et surtout une déclaration d’activité auprès de la DREETS, ce fameux numéro de déclaration d’activité (NDA). On l’a accompagné pour monter son dossier à partir de sa première convention de formation, choisir le bon cadre (micro-entreprise pour démarrer), et obtenir son NDA. D’un coup, son CV pouvait afficher qu’il était un organisme de formation déclaré. Pour un OF qui sous-traite ou une entreprise qui cherche un intervenant, ce détail change tout : il ne recrutait plus un ancien cuisinier bienveillant, il contractait avec un professionnel de la formation en règle.
Apprendre à transmettre pour nourrir les compétences pédagogiques du CV. Le trou dans le CV de Yann, ce n’était pas son domaine, c’était la partie pédagogique. Savoir cuisiner et savoir faire apprendre l’hygiène à un groupe de dix personnes, ce sont deux métiers. On a donc travaillé le cœur du sujet : construire une vraie séquence de formation. Objectifs pédagogiques clairs, progression, alternance entre apport et mise en situation, évaluation des acquis à la fin. Il a bâti son premier module d’une journée sur les bonnes pratiques d’hygiène en restauration commerciale, avec son support, ses cas pratiques tirés de ses propres services, sa grille d’évaluation. Résultat direct sur le CV : la section « compétences pédagogiques » n’était plus vide ni théorique. Il pouvait écrire, en le prouvant, qu’il concevait des programmes, animait des groupes et évaluait les acquis. C’est exactement ce qu’un recruteur cherche et ne trouve jamais chez un simple expert métier.
Rendre les compétences traçables, fixer un tarif et brancher le financement. Reste ce que le fondateur de Certiforma répète : pour Qualiopi, on demande de tracer la qualification des formateurs. Un CV de formateur qui décroche des missions doit donc être un CV traçable, pas une liste de belles phrases. On a organisé les preuves de Yann (diplôme métier, attestations d’expérience, supports conçus, première convention) pour que n’importe quel organisme puisse justifier son intervention dans son propre dossier Qualiopi. Ça a fait de lui un sous-traitant recherché : les OF certifiés adorent un formateur dont le CV est déjà « auditable ». En parallèle, on a fixé un tarif jour cohérent avec le marché de l’hygiène alimentaire, au lieu du prix bradé qu’il envisageait par peur de ne pas convaincre. Et on a clarifié le financement : ses formations pouvaient entrer dans les budgets OPCO des restaurants, un argument qu’il ajoute désormais dans ses propositions. Le CV ouvrait la porte, le statut, la pédagogie, la traçabilité et le tarif faisaient le reste.
« Mon expertise, je l’avais depuis quinze ans. Ce qui a tout changé, c’est le jour où mon CV a enfin dit qui je forme et sur quoi, dès la première ligne. Avant, on lisait un cuisinier. Maintenant, on m’appelle pour des sessions. »
Le premier bilan en chiffres
- 0 réponse en 6 mois avec l’ancien CV, contre 5 missions décrochées dans les 4 mois suivant sa refonte
- Plus de 30 personnes déjà formées en interne, valorisées et chiffrées honnêtement dans le nouveau CV
- NDA obtenu à partir de sa première convention de formation
- Un tarif jour multiplié par près de 2 par rapport au prix bradé qu’il envisageait au départ
- Environ 140 stagiaires formés sur sa première année complète d’activité
Lire aussi : Certification Qualiopi : le guide complet →
Aujourd’hui
Un CV de formateur efficace s’ouvre sur l’expertise et les publics visés, pas sur la chronologie des postes : accroche ciblée, domaines d’intervention, puis expériences de formation chiffrées et honnêtes. Dans ce parcours, un ancien chef valorise plus de trente commis formés en interne aux règles HACCP, obtient son numéro de déclaration d’activité (NDA) auprès de la DREETS et organise ses preuves pour rester « auditable » dans un dossier Qualiopi.
Comment reproduire ce parcours chez vous
Si vous vous reconnaissez dans le Yann d’avant, expert dans votre domaine mais avec un CV qui ne décroche rien, retenez l’ordre des priorités. D’abord, retournez votre CV : domaines d’intervention et publics formés dans les trois premières lignes, parcours ensuite, en preuve. Chiffrez vos expériences de formation sans jamais inventer, même les formations informelles que vous avez déjà menées comptent. Ensuite seulement, donnez de la consistance à ce CV : déclarez votre activité pour obtenir votre NDA et pouvoir facturer, apprenez à construire une vraie séquence pédagogique pour remplir honnêtement la section compétences, et organisez vos preuves pour qu’elles soient traçables comme l’exige Qualiopi. Un CV de formateur ne se lit pas, il se vérifie. C’est exactement le chemin que nous faisons parcourir aux personnes que nous accompagnons chez Certiforma : de l’expertise métier à un profil de formateur crédible, déclaré et qui remplit son agenda.
Étude de cas illustrative, donnée à titre d’exemple pour représenter un parcours type. Les témoignages de nos clients réels seront publiés prochainement.
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J’accompagne les formateurs et entrepreneurs qui créent leur organisme de formation, de la déclaration d’activité à la certification Qualiopi. Plus de 1 300 accompagnés depuis 2020.
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