Naïma tient depuis huit ans une petite entreprise de traiteur événementiel en périphérie de Lyon. Son activité tourne, mais elle connaît des creux réguliers : janvier et février sont calmes, et les revenus suivent la saison des mariages et des séminaires. Elle maîtrise l’hygiène alimentaire au quotidien, applique son plan de maîtrise sanitaire depuis des années et forme déjà ses extras à chaque prestation. L’idée de transmettre officiellement l’HACCP lui trottait dans la tête, mais elle ne voulait surtout pas mettre son commerce entre parenthèses pour se lancer dans autre chose.
Mise à jour (août 2026) : le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 fait passer le référentiel Qualiopi de 32 à 33 indicateurs à compter du 1er novembre 2026. Jusqu’au 31 octobre 2026, les 32 indicateurs présentés ici restent le référentiel applicable. Le 33e indicateur est réservé aux CFA (évaluation des contenus et de l’enseignement par les apprentis) : un organisme de formation, un centre de bilan de compétences ou un accompagnateur VAE reste concerné par 32 indicateurs, y compris après le 1er novembre. Douze indicateurs existants sont par ailleurs modifiés, et les sept critères restent inchangés. Voir ce qui change en détail.
Le point de départ : les doutes qui bloquent
« Ma vraie question, c’était : est-ce que j’ai le droit de cumuler deux activités indépendantes ? J’avais peur d’un problème de statut, de plafonds ou de code APE qui viendrait bloquer mon entreprise de traiteur. »
« Je me voyais mal courir entre mes prestations le week-end et des sessions de formation en semaine. J’avais peur de me disperser entre mes deux métiers et de faire les deux à moitié. »
« Franchement, je me demandais si ça valait le coup. Monter une usine à gaz administrative pour trois formations par an à côté de mon activité principale, ça me freinait. »
Le déclic : un premier pas
Le déclic est venu quand Naïma a compris qu’elle n’avait pas à choisir entre ses deux métiers, ni à repartir de zéro. La formation pouvait s’adosser à sa structure existante et démarrer petit : quelques sessions calées sur ses périodes creuses, en s’appuyant sur son expertise déjà en place. Plutôt qu’une reconversion, elle voyait désormais une deuxième source de revenus qui viendrait combler ses mois calmes, sans jamais empiéter sur la haute saison du traiteur.
Le dossier de déclaration monté et déposé à la DREETS pour vous, vos documents obligatoires rédigés, la présentation de votre formation et 6 mois de Formiva. Vous ne remplissez rien.
Découvrir · 490 € HTLes étapes, une peur qui tombe à chaque fois
La déclaration d’activité (NDA). C’est là que sa principale crainte est tombée. En réalité, rien n’oblige à créer une nouvelle entreprise : Naïma a pu déclarer son activité de formation sur sa structure de traiteur existante, en ajoutant simplement le volet formation. Le numéro de déclaration d’activité auprès de la DREETS se demande une fois la première convention signée, sans remettre en cause son commerce ni ses plafonds. Cumuler deux activités indépendantes sous une même structure est parfaitement possible, et cela lui a évité une deuxième comptabilité et un deuxième statut à gérer.
Apprendre à transmettre. Naïma savait faire de l’hygiène, mais animer une journée face à des restaurateurs était nouveau. Elle a travaillé sa posture de formatrice : partir de la cuisine réelle des stagiaires plutôt que de réciter les sept principes, faire identifier les points critiques dans leur propre organisation. Son expérience de traiteur est devenue son meilleur atout, car elle parlait le langage concret du terrain. Elle a structuré une session d’une journée, avec des cas tirés de vraies chaînes du froid, faciles à préparer entre deux prestations.
Qualiopi. Pour ouvrir ses formations aux financements mutualisés, Naïma est passée par la certification Qualiopi. Elle redoutait un chantier lourd, mais l’a abordé à l’échelle de sa petite activité : quelques procédures simples, un suivi des stagiaires et des preuves proportionnées à son volume. Adosser cette organisation à son entreprise déjà existante lui a fait gagner du temps, puisqu’une partie de ses process traiteur servait de base. La certification obtenue, elle a pu se présenter sereinement auprès des OPCO.
Le financement. Une fois le NDA et Qualiopi en place, ses clients restaurateurs ont pu mobiliser les financements de leur OPCO pour suivre sa formation HACCP. Cela a changé sa proposition : au lieu de facturer une prestation que le client paie de sa poche, elle proposait une formation finançable, bien plus facile à vendre. Naïma a calé ses premières sessions en janvier et février, exactement là où son activité de traiteur ralentit. Ses deux métiers ont commencé à se compléter au lieu de se concurrencer.
« J’avais peur de me disperser, mais en fait mes deux activités se nourrissent. Mon expérience de traiteur crédibilise mes formations, et animer des sessions m’a rendue encore plus rigoureuse dans ma propre cuisine. »
Le premier bilan en chiffres
- NDA obtenu en trois semaines sur sa structure de traiteur existante, sans créer de seconde entreprise
- 4 sessions HACCP animées la première année, toutes calées sur ses mois creux de janvier à mars
- Environ 30 % de revenus complémentaires générés sur la basse saison, sans toucher au chiffre d’affaires du traiteur
Aujourd’hui
Un indépendant des métiers de bouche peut ajouter la formation HACCP à sa structure existante, sans créer de seconde entreprise : le volet formation se déclare auprès de la DREETS sur l’entité actuelle. Dans ce parcours, une traiteure obtient son NDA en trois semaines, anime 4 sessions la première année sur ses mois creux de janvier à mars et génère environ 30 % de revenus complémentaires en basse saison, Qualiopi ouvrant ensuite les financements OPCO.
Comment reproduire ce parcours chez vous
Le parcours de Naïma est reproductible pour tout indépendant des métiers de bouche qui veut diversifier sans tout arrêter. Le principe : adosser la formation à sa structure existante, déclarer le volet formation sur son entreprise actuelle plutôt que d’en créer une seconde, et démarrer petit sur ses périodes calmes. Si vous êtes déjà installé en restauration, en traiteur ou en conseil hygiène, votre expertise et votre statut sont déjà là. Reste à obtenir votre NDA, à structurer une première session et à viser Qualiopi pour ouvrir les financements.
Étude de cas illustrative, donnée à titre d’exemple pour représenter un parcours type. Les témoignages de nos clients réels seront publiés prochainement.
📚 Sur le même sujet
- La déclaration d’activité (NDA) pas à pas
- Certification Qualiopi : le guide complet
- OPCO et formation : le guide
- Les 32 indicateurs Qualiopi expliqués
👉 Tous nos modèles et guides gratuits sont dans le centre de ressources.
