Caducité du NDA : perdre et récupérer son numéro de formateur
Maxime Pélerin · mis à jour le 23 juillet 2026Le numéro de déclaration d’activité (NDA) n’est pas acquis définitivement : un organisme peut le perdre par caducité prévue par le Code du travail, ce qui le prive du droit d’exercer et d’accéder aux financements publics ou mutualisés. Il faut alors le redéclarer.

Le numéro de déclaration d’activité (NDA) n’est pas acquis une fois pour toutes. Un organisme de formation qui l’a obtenu auprès de la DREETS peut le perdre, parfois sans en avoir conscience, par le simple jeu de la caducité prévue par le Code du travail. Cette situation prive l’organisme de la possibilité d’exercer et de mobiliser les financements publics ou mutualisés. Comprendre les causes de la caducité, ses conséquences et la marche à suivre pour redéclarer est donc essentiel pour sécuriser son activité.
Qu’est-ce que la caducité du numéro de déclaration d’activité
La caducité est une perte automatique de l’enregistrement de la déclaration d’activité. Contrairement à une sanction prononcée à l’issue d’un contrôle, elle ne résulte pas d’une décision discrétionnaire de l’administration : elle découle d’une situation de fait constatée par les services de l’État. Lorsque les conditions de la caducité sont réunies, l’enregistrement de la déclaration cesse de produire ses effets et l’organisme perd son numéro.
L’article L6351-6 du Code du travail fixe précisément les deux hypothèses dans lesquelles la déclaration d’activité devient caduque. Ces deux cas sont liés au bilan pédagogique et financier (BPF), document annuel que tout organisme de formation doit transmettre à l’administration. La logique du dispositif est simple : un numéro de déclaration d’activité correspond à une activité réelle de formation, dûment déclarée chaque année. Lorsque cette condition n’est plus satisfaite, l’enregistrement n’a plus de raison d’être maintenu.
Les deux causes de caducité prévues par l’article L6351-6
Selon l’article L6351-6 du Code du travail, la déclaration d’activité devient caduque dans deux situations distinctes, qui tiennent toutes deux au bilan pédagogique et financier.
Premier cas : l’absence de transmission du bilan pédagogique et financier
La déclaration devient caduque lorsque l’organisme n’a pas transmis son bilan pédagogique et financier. Cette obligation de transmission est posée par l’article L6352-11 du Code du travail. Le BPF doit être adressé à l’administration chaque année, avant le 30 avril. Le défaut de transmission, ou une transmission hors délai, place l’organisme dans la situation visée par l’article L6351-6 et entraîne la caducité de son enregistrement.
Ce premier cas est de loin le plus fréquent et le plus insidieux, car il peut frapper un organisme parfaitement actif qui aurait simplement oublié ou négligé de déposer son bilan dans les temps. La régularité de l’activité ne protège pas contre la caducité : c’est bien le respect de l’obligation déclarative annuelle qui conditionne le maintien du numéro.
Second cas : l’absence totale d’activité de formation
La déclaration devient également caduque lorsque le bilan pédagogique et financier transmis fait apparaître une absence totale d’activité de formation. Autrement dit, un organisme qui dépose bien son BPF mais qui n’a réalisé aucune action de formation au cours de la période concernée voit lui aussi son enregistrement devenir caduc.
Cette règle traduit l’idée que la déclaration d’activité est réservée aux structures qui exercent effectivement une activité de formation. Une coquille vide, qui détient un numéro sans jamais former personne, n’a pas vocation à conserver son enregistrement. L’article L6351-6 organise ainsi un nettoyage des numéros inactifs sur la base des informations déclarées par les organismes eux-mêmes.

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« Sur le terrain, je vois trop d’organismes perdre leur NDA pour une raison absurde : un BPF non transmis alors que l’activité tournait. La caducité ne prévient pas, elle se constate. Le 30 avril doit être une date sacrée dans votre agenda, au même titre que vos échéances fiscales.
Mon réflexe à transmettre à tous : même une année blanche, on dépose un BPF à zéro. Cinq minutes de saisie vous évitent de devoir redéposer une déclaration complète auprès de la DREETS et de repasser par la case départ. Sécuriser son numéro coûte toujours moins cher que le récupérer. »
Le NDA, c’est le numéro officiel qui vous autorise à exercer comme organisme de formation. On monte votre dossier, on le dépose à la DREETS, et on le reprend jusqu’à obtention : vous ne remplissez rien.
Découvrir · 329 € HTLes conséquences de la caducité
La conséquence de la caducité est radicale : l’organisme perd son enregistrement. Tant qu’il n’a pas procédé à une nouvelle déclaration, il se trouve dans l’impossibilité juridique d’exercer son activité de formation et ne peut plus bénéficier des fonds publics ou mutualisés.
- Perte de l’enregistrement de la déclaration d’activité et donc du numéro correspondant.
- Impossibilité d’exercer l’activité de formation tant que la situation n’est pas régularisée par une nouvelle déclaration.
- Impossibilité de bénéficier des financements publics et des fonds mutualisés, ce qui ferme l’accès aux dispositifs qui en dépendent.
Pour un organisme dont le modèle économique repose en partie sur la prise en charge des formations par des financeurs, cette perte d’éligibilité aux fonds publics et mutualisés peut interrompre brutalement l’activité. Le numéro de déclaration d’activité n’a pas seulement une valeur administrative : il conditionne l’accès au marché de la formation financée.
Caducité, annulation, suspension : ne pas confondre les cas de perte du NDA
La caducité de l’article L6351-6 n’est pas le seul mécanisme par lequel un organisme peut perdre son numéro de déclaration d’activité. Le Code du travail prévoit d’autres situations, qui relèvent d’une logique différente et interviennent dans le cadre d’un contrôle de l’administration.
L’annulation de l’enregistrement après contrôle
L’article L6351-4 du Code du travail prévoit l’annulation de l’enregistrement de la déclaration d’activité à la suite d’un contrôle. À la différence de la caducité, qui résulte d’un constat lié au BPF, l’annulation est une décision prise par l’administration après vérification de la situation de l’organisme. Elle entraîne, comme la caducité, la perte du numéro de déclaration d’activité.
La suspension de l’enregistrement pendant un contrôle
L’article L6351-4-1 du Code du travail organise quant à lui une suspension de l’enregistrement pendant la durée d’un contrôle. Cette suspension est une mesure temporaire, dont la durée ne peut excéder quatre mois. Elle se distingue de la caducité et de l’annulation par son caractère provisoire : il ne s’agit pas d’une perte définitive du numéro, mais d’une interruption de ses effets le temps que le contrôle aboutisse.
Ces deux dispositifs, annulation et suspension, s’inscrivent dans le cadre du contrôle de l’activité des organismes de formation. Ils diffèrent de la caducité, qui joue automatiquement sur la base des seules informations déclaratives, sans qu’un contrôle soit nécessaire.
Comment éviter la caducité : le réflexe du BPF annuel
La meilleure protection contre la caducité tient en une habitude simple : transmettre chaque année le bilan pédagogique et financier, dans le respect du délai fixé au 30 avril par l’article L6352-11. Cette transmission n’est pas une formalité parmi d’autres, c’est la condition même du maintien du numéro de déclaration d’activité.
Le point le plus souvent ignoré concerne les organismes qui n’ont pas exercé d’activité sur une période donnée. Beaucoup pensent, à tort, qu’en l’absence d’activité il n’y a rien à déclarer. C’est exactement l’inverse qu’il faut retenir : il convient de transmettre un BPF même en l’absence d’activité, c’est-à-dire un bilan à zéro. Cette démarche évite de tomber sous le coup du premier cas de caducité, celui de l’absence de transmission du bilan.
Il faut toutefois bien distinguer ce que le BPF à zéro permet d’éviter et ce qu’il ne protège pas. Transmettre un bilan, même vide d’activité, écarte le risque lié à l’absence de transmission. En revanche, si ce bilan fait apparaître une absence totale d’activité de formation sur la période, l’organisme se trouve alors dans le second cas de caducité prévu par l’article L6351-6. Le réflexe du BPF annuel reste donc déterminant, mais il ne dispense pas de maintenir une activité réelle de formation pour conserver durablement son enregistrement.
- Déposer le bilan pédagogique et financier chaque année, avant le 30 avril, conformément à l’article L6352-11.
- Transmettre un BPF même en l’absence d’activité, sous la forme d’un bilan à zéro, pour écarter le risque de caducité pour non transmission.
- Veiller à exercer une activité réelle de formation afin de ne pas tomber sous le coup de la caducité pour absence totale d’activité.
Comment récupérer son numéro après une caducité
La caducité n’est pas une exclusion définitive du secteur de la formation. Un organisme qui a perdu son enregistrement peut le retrouver, mais il ne s’agit pas d’une simple réactivation de l’ancien numéro : la procédure passe par le dépôt d’une nouvelle déclaration d’activité.
Pour réactiver son enregistrement, l’organisme doit déposer une nouvelle déclaration d’activité, dans les conditions prévues par l’article L6351-1 du Code du travail, auprès de la DREETS. Cette démarche correspond à celle qu’effectue un organisme qui se déclare pour la première fois. Tant que cette nouvelle déclaration n’a pas été déposée et enregistrée, l’organisme demeure dans l’impossibilité d’exercer et de mobiliser les fonds publics ou mutualisés.
Le passage par une nouvelle déclaration d’activité a une conséquence pratique : l’organisme se retrouve dans la position d’un nouvel entrant vis-à-vis de l’administration. Il doit à nouveau satisfaire aux conditions d’enregistrement de l’article L6351-1 et reconstituer son dossier auprès de la DREETS. Cette contrainte illustre l’intérêt d’éviter la caducité en amont, plutôt que de devoir reprendre l’ensemble du parcours déclaratif.
En définitive, la caducité du numéro de déclaration d’activité repose sur des règles claires posées par le Code du travail. Elle frappe l’organisme qui ne transmet pas son bilan pédagogique et financier ou qui ne déclare aucune activité, le prive de son enregistrement et de l’accès aux financements, et impose une nouvelle déclaration auprès de la DREETS pour repartir. La vigilance autour du dépôt annuel du BPF, y compris à zéro, constitue le premier rempart contre cette perte de numéro.
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Se faire accompagnerQuestions fréquentes
Qu’est-ce qui rend un numéro de déclaration d’activité caduc ?
Selon l’article L6351-6 du Code du travail, la déclaration devient caduque dans deux cas : lorsque l’organisme n’a pas transmis son bilan pédagogique et financier, ou lorsque ce bilan fait apparaître une absence totale d’activité de formation.
Quelle est la conséquence concrète de la caducité du NDA ?
L’organisme perd son enregistrement. Tant qu’il n’a pas redéclaré, il ne peut plus exercer son activité de formation ni bénéficier des fonds publics ou mutualisés.
Faut-il transmettre un BPF même sans activité ?
Oui. Il faut transmettre un bilan pédagogique et financier chaque année, avant le 30 avril (article L6352-11), même en l’absence d’activité, sous la forme d’un BPF à zéro, pour éviter la caducité pour défaut de transmission.
Comment récupérer un numéro de déclaration d’activité devenu caduc ?
Il faut déposer une nouvelle déclaration d’activité auprès de la DREETS, dans les conditions de l’article L6351-1 du Code du travail. Il ne s’agit pas d’une réactivation de l’ancien numéro mais d’une nouvelle déclaration.
La caducité est-elle la même chose que l’annulation ou la suspension ?
Non. La caducité (L6351-6) joue automatiquement sur la base du BPF. L’annulation (L6351-4) résulte d’un contrôle, et la suspension (L6351-4-1) est une mesure temporaire pendant un contrôle, d’une durée maximale de quatre mois.
Déposer un BPF à zéro protège-t-il totalement de la caducité ?
Pas entièrement. Le BPF à zéro écarte le risque de caducité pour absence de transmission, mais un bilan faisant apparaître une absence totale d’activité de formation relève du second cas de caducité prévu par l’article L6351-6.

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