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Le contrôle d’un organisme de formation par la DREETS

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Réglementation · 14 min de lecture

Le contrôle d’un organisme de formation par la DREETS

Maxime Pélerin Maxime Pélerin · mis à jour le 23 juillet 2026
À retenir

Le contrôle administratif et financier d’un organisme de formation est une procédure encadrée par le Code du travail, aux règles connues à l’avance. Réalisé par les services de l’État (DREETS), il vérifie le respect des obligations de l’organisme. Bien préparé, il s’aborde sereinement.

Examen de documents administratifs lors du controle d un organisme de formation par la DREETS
Photo : Pavel Danilyuk / Pexels

Recevoir un avis de contrôle de la part des services de l’État peut impressionner, surtout quand on dirige une petite structure de formation. Pourtant, ce contrôle administratif et financier est une procédure encadrée par le Code du travail, dont les règles sont connues à l’avance. Comprendre qui contrôle, sur quoi porte la vérification et comment elle se déroule permet d’aborder la démarche avec sérénité. Cet article fait le point, de façon factuelle, sur le contrôle d’un organisme de formation par les services régionaux de contrôle, aujourd’hui rattachés aux DREETS.

Qui contrôle les organismes de formation

Le contrôle des organismes de formation relève de l’État. L’article L6361-1 du Code du travail et les articles suivants confient à l’administration un pouvoir de contrôle administratif et financier sur les organismes qui réalisent des actions de formation professionnelle. Concrètement, ce contrôle est exercé par les services régionaux de contrôle, qui sont intégrés aux DREETS, les directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités.

Ce contrôle de l’État ne doit pas être confondu avec l’audit Qualiopi, point sur lequel nous reviendrons en détail. Le contrôle administratif et financier est une prérogative de puissance publique exercée par des agents de l’administration. Il vise à vérifier la régularité de l’activité de formation et le bon emploi des fonds, en particulier lorsque ces fonds proviennent de financements publics ou mutualisés.

Sur quoi porte le contrôle

Le champ du contrôle est défini par le Code du travail. Les articles L6361-1 et suivants précisent que l’État contrôle plusieurs dimensions de l’activité d’un organisme de formation. On peut les regrouper autour de quatre grands axes.

  • La réalité des actions de formation, c’est-à-dire la vérification que les actions facturées et financées ont bien été réalisées telles qu’annoncées.
  • La conformité aux conventions et aux contrats, afin de s’assurer que les prestations correspondent à ce qui a été conventionné avec les financeurs ou contractualisé avec les stagiaires.
  • L’emploi des fonds, c’est-à-dire la vérification que les sommes reçues ont été utilisées conformément à leur objet.
  • Le respect des obligations prévues par le Titre V du Code du travail, qui encadre la formation professionnelle continue.

Autrement dit, le contrôle ne se limite pas à un examen comptable. Il porte sur la cohérence d’ensemble entre ce qui a été annoncé, ce qui a été réalisé et ce qui a été financé. Un organisme qui tient ses dossiers avec rigueur et conserve les preuves de son activité dispose donc d’une base solide pour répondre à ces vérifications.

Maxime Pelerin
Le retour d’expérience de Maxime
Fondateur de Certiforma

« Chez Certiforma, je vois beaucoup de dirigeants angoissés à l’idée d’un contrôle DREETS. La vérité, c’est qu’un contrôle ne sanctionne pas la bonne foi : il vérifie que ce que vous avez annoncé correspond à ce que vous avez fait. Si vos dossiers le prouvent, vous n’avez rien à craindre.

Mon conseil tient en une habitude : un dossier complet par action, constitué au fil de l’eau et pas reconstitué après coup. Convention, programme, émargement et comptabilité réunis dès la fin de chaque session. Le jour où l’avis arrive, vous ouvrez le classeur au lieu de courir après les pièces, et le contrôle devient une simple formalité. »

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Comment se déroule un contrôle

Le contrôle administratif et financier suit une logique d’examen des justificatifs. L’organisme de formation doit pouvoir présenter aux agents les pièces qui attestent de la réalité et de la régularité de son activité. C’est le coeur de la procédure : il s’agit de confronter les documents déclaratifs aux preuves concrètes de réalisation.

Dans la pratique, le contrôle conduit l’administration à demander l’accès à un ensemble de documents et, le cas échéant, à interroger l’organisme sur ses pratiques. L’organisme est tenu de présenter les justificatifs requis. La capacité à produire rapidement des pièces claires et organisées facilite grandement le bon déroulement de la vérification. À l’inverse, l’absence de justificatifs ou des incohérences entre les documents peuvent conduire l’administration à formuler des observations ou à remettre en cause certaines dépenses.

Il est utile de rappeler que ce pouvoir de contrôle découle directement des articles L6361-1 et suivants du Code du travail. L’administration n’agit donc pas de façon discrétionnaire : elle exerce une mission définie par la loi, dans un cadre qui s’impose autant à elle qu’à l’organisme contrôlé. Cette base légale garantit que les vérifications portent sur des points précis et connus, ce qui permet à l’organisme de savoir à l’avance ce qui peut lui être demandé et de s’y préparer en conséquence.

Les pièces à pouvoir présenter

Pour répondre à un contrôle, l’organisme doit être en mesure de présenter les justificatifs qui prouvent la réalité, la conformité et le financement de ses actions. Le Code du travail et la nature même du contrôle conduisent à conserver et à pouvoir produire plusieurs catégories de documents.

  • Les conventions de formation conclues avec les financeurs ou les entreprises clientes.
  • Les contrats, notamment les contrats de formation professionnelle conclus avec les personnes physiques qui financent elles-mêmes leur formation.
  • Les programmes des actions de formation, qui décrivent les objectifs, les contenus et les modalités.
  • Les feuilles d’émargement, qui attestent de la présence effective des stagiaires.
  • La comptabilité de l’organisme, qui permet de vérifier l’emploi des fonds.
  • Le bilan pédagogique et financier, dit BPF, qui retrace l’activité de l’organisme.
  • Les éléments relatifs aux qualifications des formateurs, afin de justifier les compétences mobilisées.

Cette liste illustre la logique du contrôle : chaque document permet de relier une affirmation à une preuve. La feuille d’émargement prouve la présence, le programme décrit l’action annoncée, la convention ou le contrat fixe le cadre, la comptabilité retrace les flux financiers et le BPF synthétise l’activité. Un organisme qui range ces pièces dossier par dossier, action par action, se met dans les meilleures conditions pour répondre.

Il ne s’agit pas de produire des documents pour la forme, mais de pouvoir démontrer la cohérence d’ensemble de l’activité. Lorsque les justificatifs concordent entre eux et reflètent fidèlement ce qui a été réalisé, le contrôle se déroule simplement. C’est pourquoi la qualité de la tenue documentaire compte souvent davantage que le volume de papiers conservés.

Les suites possibles d’un contrôle

Un contrôle ne débouche pas systématiquement sur une sanction. Dans de nombreux cas, il se conclut par de simples observations qui invitent l’organisme à corriger ou à clarifier certains points. Le Code du travail prévoit toutefois une gradation des suites possibles selon la nature et la gravité des constats.

  • Des observations adressées à l’organisme, lorsque les constats appellent des ajustements sans remise en cause majeure.
  • Le rejet de certaines dépenses, lorsque l’administration estime que des sommes ne correspondent pas à des actions réelles ou conformes.
  • Le remboursement des sommes indûment perçues. L’article L6354-1 du Code du travail prévoit que les sommes indûment reçues doivent être remboursées.
  • Le versement au Trésor public, qui peut accompagner certaines situations de manquement.

En cas de manquements caractérisés, les conséquences peuvent être plus lourdes. L’article L6351-4 du Code du travail prévoit que la déclaration d’activité de l’organisme peut être annulée. Une telle annulation prive l’organisme de la possibilité d’exercer son activité dans le cadre de la formation professionnelle déclarée. Enfin, l’article L6355 du Code du travail prévoit des sanctions pénales pour les manquements les plus graves. Ces suites pénales restent réservées aux situations qui dépassent la simple irrégularité administrative.

Il faut retenir que cette gradation est proportionnée. Un organisme de bonne foi, qui tient ses dossiers et qui répond aux demandes de l’administration, se situe le plus souvent dans le registre des observations et des ajustements, loin des sanctions les plus sévères.

La différence avec l’audit Qualiopi

C’est une confusion fréquente qu’il convient de lever clairement : le contrôle de l’État et l’audit Qualiopi sont deux choses différentes. Elles n’ont ni la même nature, ni le même acteur, ni le même objet.

Le contrôle administratif et financier prévu par les articles L6361-1 et suivants du Code du travail est exercé par l’État, à travers les services régionaux de contrôle des DREETS. C’est un contrôle de puissance publique, qui vérifie la réalité des actions, la conformité aux conventions et aux contrats, l’emploi des fonds et le respect des obligations légales.

L’audit Qualiopi, lui, est réalisé par un organisme certificateur privé. Il s’agit d’une démarche de certification qualité, distincte du contrôle de l’État. Les deux peuvent coexister pour un même organisme, mais ils ne se substituent pas l’un à l’autre. Réussir son audit Qualiopi ne dispense pas d’être en règle au regard du contrôle administratif et financier, et inversement. Garder cette distinction en tête évite bien des malentendus, notamment lorsque l’on prépare ses dossiers.

Comment se préparer sereinement

La meilleure préparation à un contrôle ne se fait pas dans l’urgence, au moment où l’avis arrive, mais en continu, par une organisation rigoureuse des dossiers. L’idée directrice est simple : être capable, à tout moment, de relier chaque action de formation à ses justificatifs.

  • Constituer un dossier par action de formation, regroupant convention ou contrat, programme, feuilles d’émargement et éléments financiers correspondants.
  • Tenir une comptabilité claire qui permet de retracer l’emploi des fonds reçus.
  • Conserver les éléments justifiant les qualifications des formateurs intervenus.
  • Établir et conserver le bilan pédagogique et financier, le BPF, qui synthétise l’activité.
  • Vérifier régulièrement la cohérence entre ce qui a été annoncé, réalisé et facturé.

Cette approche présente un double avantage. D’une part, elle facilite le déroulement d’un éventuel contrôle, puisque les pièces demandées sont immédiatement disponibles et organisées. D’autre part, elle sécurise l’activité au quotidien, en évitant les oublis et les incohérences qui pourraient être relevés. Un organisme qui documente son activité au fil de l’eau aborde un contrôle non pas comme une menace, mais comme une vérification à laquelle il peut répondre point par point.

En résumé, le contrôle des organismes de formation par les services régionaux de contrôle des DREETS est une procédure prévue par le Code du travail, aux articles L6361-1 et suivants. Il porte sur la réalité des actions, la conformité aux conventions et contrats, l’emploi des fonds et le respect des obligations du Titre V. Il s’appuie sur les justificatifs que l’organisme doit pouvoir présenter, et ses suites vont des observations au remboursement des sommes indûment perçues prévu par l’article L6354-1, jusqu’à l’annulation de la déclaration d’activité au titre de l’article L6351-4 et, dans les cas les plus graves, aux sanctions pénales de l’article L6355. Distinct de l’audit Qualiopi mené par un certificateur privé, ce contrôle d’État se prépare par une tenue rigoureuse et continue des dossiers.

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Questions fréquentes

Qui réalise le contrôle d’un organisme de formation ?

Le contrôle administratif et financier est exercé par l’État, via les services régionaux de contrôle rattachés aux DREETS, sur le fondement des articles L6361-1 et suivants du Code du travail.

Sur quoi porte le contrôle de la DREETS ?

Il porte sur la réalité des actions de formation, la conformité aux conventions et aux contrats, l’emploi des fonds et le respect des obligations prévues par le Titre V du Code du travail.

Quels documents faut-il pouvoir présenter ?

L’organisme doit pouvoir présenter ses conventions, contrats, programmes, feuilles d’émargement, sa comptabilité, le bilan pédagogique et financier (BPF) ainsi que les éléments justifiant les qualifications des formateurs.

Quelles sont les suites possibles d’un contrôle ?

Les suites vont des observations au rejet de dépenses, au remboursement des sommes indûment perçues (article L6354-1) et au versement au Trésor public. En cas de manquements, la déclaration d’activité peut être annulée (article L6351-4), voire des sanctions pénales appliquées (article L6355).

Le contrôle DREETS est-il la même chose que l’audit Qualiopi ?

Non. Le contrôle DREETS est un contrôle d’État administratif et financier. L’audit Qualiopi est réalisé par un organisme certificateur privé dans une démarche de certification qualité. Ce sont deux procédures distinctes qui ne se remplacent pas.

Comment se préparer à un contrôle ?

En tenant ses dossiers de façon rigoureuse et continue : un dossier par action regroupant convention ou contrat, programme, feuilles d’émargement et éléments financiers, une comptabilité claire et un BPF à jour.

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Maxime Pelerin, fondateur de Certiforma
Maxime Pélerin

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