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Devenir formateur en électricité

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Formateur indépendant · 23 min de lecture

Devenir formateur en électricité

Maxime Pélerin Maxime Pélerin · mis à jour le 27 juillet 2026
À retenir

Devenir formateur électricité est tout à fait accessible : contrairement à une idée reçue tenace, aucun diplôme d’enseignant ni titre pédagogique n’est légalement exigé pour former des adultes à l’électricité. Pour un électricien ou un technicien avec plusieurs années de terrain, ce qui compte avant tout, c’est l’expertise métier et la capacité à transmettre.

Devenir formateur en électricité — Certiforma

Vous êtes électricien, technicien en installations électriques ou chargé d’affaires avec plusieurs années de terrain derrière vous, et l’idée de transmettre votre métier plutôt que de tirer des câbles vous séduit ? Bonne nouvelle : devenir formateur électricité est tout à fait accessible. Contrairement à une idée reçue tenace, aucun diplôme d’enseignant ni titre pédagogique n’est légalement exigé pour former des adultes à l’électricité. Ce qui compte réellement, c’est votre maîtrise technique, votre expérience des installations et des normes (NF C 15-100 en tête), et votre capacité à expliquer clairement un schéma, un raccordement ou une mise en sécurité. Vos années de chantier sont déjà votre meilleur atout.

Cela dit, l’électricité est un domaine très réglementé, et former à ce métier comporte des spécificités fortes, notamment autour de l’habilitation électrique (norme NF C 18-510). Selon le public visé (apprentis en CFA, salariés d’entreprise, demandeurs d’emploi en reconversion, personnel à habiliter) et selon le financement recherché, plusieurs étapes concrètes sont à connaître : choix du statut, déclaration d’activité, certification Qualiopi pour accéder au CPF et aux OPCO, et recherche d’élèves. Dans ce guide, nous détaillons précisément ce qu’il faut pour devenir formateur électricité en 2026 : prérequis réels, certifications utiles, obligations propres au métier, démarches administratives, débouchés et rémunération concrète.

Maxime Pélerin
Le retour d’expérience de Maxime
Fondateur de Certiforma

« En électricité, l’expertise technique ne manque pas chez ceux qui veulent former. Le piège, c’est l’inverse : on est tellement à l’aise avec la norme, les habilitations, le risque électrique, qu’on oublie que le stagiaire arrive avec une appréhension réelle. Former à l’électricité, c’est former à un danger. Si vous balancez du jargon et des schémas sans ancrer la sécurité dans du concret, vous formez des gens qui hochent la tête sans avoir intégré le réflexe qui sauve.

Mon conseil : ne lâchez jamais le lien entre la théorie et le geste réel sur l’installation. Une habilitation électrique qui se passe uniquement en salle, ça ne forme personne pour de vrai. Investissez dans des mises en situation, de la consignation, de la vérification d’absence de tension. Et soyez irréprochable sur la traçabilité de vos évaluations, car sur ces sujets réglementés, votre sérieux engage votre responsabilité autant que celle de l’entreprise qui vous fait confiance. »

: aucun diplôme d’État ni agrément n’est obligatoire pour devenir formateur en électricité auprès d’adultes. Votre expertise métier (idéalement un CAP/Bac pro/BTS en électrotechnique et plusieurs années d’expérience) suffit. Attention au cas particulier de l’habilitation électrique : pour former à ce domaine, vous devez vous-même être habilité à un niveau au moins égal à celui enseigné et maîtriser la norme NF C 18-510. Pour vendre vos formations en indépendant et accéder au CPF et aux OPCO, vous devrez obtenir un numéro de déclaration d’activité (NDA) puis la certification Qualiopi. Côté revenus, comptez 350 à 700 € par jour en sous-traitance, et 1 000 à 2 500 € pour une formation courte vendue en direct.

Faut-il un diplôme pour devenir formateur en électricité ?

C’est la première question que se posent la plupart des électriciens. La réponse dépend du cadre dans lequel vous voulez enseigner, car il existe deux mondes bien distincts.

Pour la formation professionnelle continue (adultes, reconversion, salariés, habilitation), la loi n’impose aucun diplôme d’enseignant ni titre pédagogique. Vous pouvez parfaitement former à l’électricité en vous appuyant sur votre seule expérience. Dans les faits, les organismes et les financeurs attendent toutefois une légitimité métier solide : un CAP Électricien, un Bac pro MELEC (Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés), un BTS Électrotechnique, un titre professionnel équivalent, complétés par plusieurs années de pratique réelle sur installations. C’est cette double preuve (diplôme métier + expérience terrain) qui rassurera vos clients et vos stagiaires, bien plus qu’un diplôme pédagogique.

Pour enseigner dans l’Éducation nationale ou en CFA sous statut d’enseignant, le cadre est différent. Devenir professeur de lycée professionnel en électrotechnique passe par un concours (CAPLP génie électrique) ou par un recrutement de contractuel exigeant généralement un diplôme dans la spécialité et une expérience professionnelle. En CFA, on recrute souvent des formateurs techniques sur la base d’un diplôme métier (Bac pro, BTS) et d’une solide expérience, parfois sans concours. Si vous visez ce public, contactez directement les CFA du bâtiment et les chambres de métiers de votre région.

Bonne nouvelle pour les profils atypiques : il est tout à fait possible de se lancer même sans diplôme formel si l’expérience est au rendez-vous. Nous l’expliquons en détail dans notre article devenir formateur sans diplôme.

Habilitation électrique : la spécificité réglementaire à maîtriser

C’est LE point qui distingue le formateur en électricité de la plupart des autres métiers. Une grande partie de la demande de formation porte sur l’habilitation électrique, encadrée par la norme NF C 18-510 et imposée par le Code du travail à tout employeur dont les salariés interviennent à proximité ou sur des installations électriques. C’est un marché énorme et récurrent, mais aussi exigeant.

Qui peut former à l’habilitation électrique ?

Il n’existe pas d’agrément d’État pour devenir formateur en habilitation électrique. En revanche, la norme et les bonnes pratiques exigent que le formateur soit compétent et lui-même habilité à un niveau au moins équivalent à celui qu’il enseigne (B0, H0, BS, BE Manœuvre, BR, B1/B2, etc.). Concrètement, on attend de vous :

  • Une expérience pratique réelle des travaux sous tension ou hors tension correspondant aux symboles enseignés.
  • Une connaissance approfondie de la NF C 18-510 et de ses évolutions, ainsi que des équipements de protection (EPI, VAT, etc.).
  • Idéalement, le suivi d’une formation de formateur en habilitation électrique (formation de formateurs spécifique), souvent demandée par les clients et indispensable pour structurer une pédagogie sécurité irréprochable.
  • Un plateau technique adapté : armoires électriques pédagogiques, consignations, matériel de mesure, pour la partie pratique obligatoire.

Attention : ce n’est pas vous qui « habilitez » les stagiaires. L’habilitation est délivrée par leur employeur, sur la base de l’avis que vous formulez à l’issue de la formation. Votre rôle est de former, d’évaluer les savoirs et savoir-faire, et de remettre une attestation et un avis. Cette nuance est essentielle à comprendre et à expliquer à vos clients. Nous détaillons toute cette mécanique dans notre article dédié formateur en habilitation électrique.

Les autres domaines réglementés liés à l’électricité

  • IRVE (bornes de recharge véhicules électriques) : un marché en pleine explosion ; former à l’installation de bornes exige de maîtriser la qualification correspondante.
  • Photovoltaïque (QualiPV, IRVE, RGE) : les transitions énergétiques créent une forte demande de formation sur les installations solaires.
  • NF C 15-100 : la norme reine des installations basse tension, socle de toute formation technique sérieuse.
  • Manipulation des fluides, domotique, courants faibles : autant de niches connexes valorisant fortement votre offre.

Vous n’êtes pas obligé de tout couvrir. Spécialisez-vous d’abord sur le domaine que vous maîtrisez le mieux : c’est plus crédible et plus rentable qu’une offre trop générique.

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Choisir son statut juridique pour se lancer

Avant de donner votre première formation rémunérée, il faut un cadre juridique. Trois grandes options s’offrent à vous selon votre situation et votre ambition.

  • La micro-entreprise (auto-entrepreneur) : idéale pour démarrer, tester l’activité et facturer rapidement. Comptabilité simplifiée, charges proportionnelles au chiffre d’affaires. Attention au plafond de chiffre d’affaires et au seuil de TVA.
  • L’entreprise individuelle ou la société (EURL, SASU) : pertinente si vous visez un volume important, si vous investissez dans un plateau technique coûteux (armoires, EPI, matériel de mesure) ou si vous souhaitez vous associer.
  • Le portage salarial : vous facturez vos prestations via une société de portage qui gère l’administratif et vous reverse un salaire. Confortable pour débuter sans créer de structure, mais avec des frais de gestion.

Si vous êtes déjà électricien en activité, vous pouvez aussi ajouter l’activité de formation à votre structure existante, à condition de bien déclarer ce nouveau volet. Pour une vue d’ensemble des chemins possibles, consultez notre article comment devenir formateur indépendant.

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NDA et Qualiopi : les démarches pour accéder aux financements

C’est l’étape qui fait toute la différence entre un formateur qui peine à vendre et un formateur dont les sessions se remplissent grâce aux financements. Deux démarches sont incontournables.

Le numéro de déclaration d’activité (NDA)

Dès que vous dispensez une prestation de formation rémunérée, vous devez déclarer votre activité auprès de la DREETS de votre région dans les trois mois suivant votre première convention. Vous obtenez alors un numéro de déclaration d’activité (NDA), qui officialise votre statut d’organisme de formation. Cette démarche est gratuite et s’appuie sur votre première convention ou contrat de formation. Sans NDA, impossible d’exister légalement comme organisme de formation.

La certification Qualiopi

Le NDA ne suffit pas pour accéder aux financements publics et mutualisés. Pour que vos formations en électricité soient finançables via le CPF, les OPCO (notamment Constructys pour le bâtiment et OPCO 2i pour l’industrie), France Travail ou les Régions, vous devez obtenir la certification Qualiopi. Il s’agit d’un audit qui vérifie la qualité de votre processus de formation au regard des 32 indicateurs du Référentiel National Qualité.

Concrètement, vous devrez formaliser vos programmes, vos modalités d’évaluation pratique (cruciales en habilitation électrique), le recueil des besoins, le suivi des stagiaires, la gestion des réclamations, etc. Pour un formateur électricité, c’est aussi l’occasion de structurer proprement vos contenus techniques et vos référentiels sécurité. La démarche peut sembler lourde, mais elle est tout à fait surmontable quand on est bien accompagné, et elle ouvre un marché beaucoup plus large. Vous pouvez vous appuyer sur notre formation pour devenir formateur pour structurer votre offre de A à Z.

Lire aussi : Devenir formateur en menuiserie

Où trouver des élèves en formation électricité ?

L’électricité est un secteur en très forte tension : pénurie de main-d’œuvre, transition énergétique, électrification des usages. La demande de formation est massive et récurrente, portée notamment par l’obligation légale d’habilitation. Reste à savoir où la capter, car les publics et les canaux diffèrent beaucoup.

  • Les entreprises : c’est le cœur du marché. Toute entreprise dont les salariés approchent des installations électriques doit les faire former à l’habilitation, avec recyclage périodique (tous les 3 ans environ). Une source de missions régulière, financée par les OPCO.
  • Les CFA et lycées professionnels : ils recrutent des formateurs techniques vacataires ou en CDI pour les apprentis en MELEC. Contactez les CFA du bâtiment et les chambres de métiers et de l’artisanat.
  • Les organismes de formation, AFPA et GRETA : ils sous-traitent fréquemment des modules à des intervenants experts. Un excellent moyen de démarrer sans gérer l’administratif.
  • Les demandeurs d’emploi en reconversion : via France Travail et les Régions, qui financent des parcours qualifiants vers les métiers de l’électricité, secteur prioritaire.
  • Les particuliers et bricoleurs : stages courts pour réaliser ou comprendre ses propres installations, souvent finançables en CPF lorsque la formation mène à une certification enregistrée.

Notre conseil : combinez plusieurs canaux au démarrage. La sous-traitance pour un organisme déjà certifié vous apporte expérience et revenus immédiats, pendant que vous montez votre propre structure et obtenez Qualiopi pour vendre en direct avec de meilleures marges. L’habilitation électrique, avec ses recyclages obligatoires, constitue un socle de chiffre d’affaires particulièrement fidélisant.

Combien gagne un formateur en électricité ?

Parlons chiffres concrets, car c’est souvent ce qui décide d’un changement de vie. La rémunération d’un formateur électricité varie selon le mode d’exercice, le public et la technicité du domaine enseigné.

  • En sous-traitance pour un organisme : le prix de journée se situe généralement entre 350 et 700 € brut par jour, selon votre expertise et le sujet. Un module habilitation électrique ou IRVE se paie mieux qu’une initiation générale.
  • En CFA / GRETA comme vacataire : les taux horaires sont souvent encadrés et plus modestes, mais l’activité est régulière et sécurisante.
  • En vente directe (votre propre organisme) : une session d’habilitation électrique de 1 à 3 jours se facture couramment 150 à 350 € par stagiaire ; une formation technique de 2 à 5 jours, 1 000 à 2 500 € par participant. Avec un groupe de 6 à 10 personnes, une session devient très rentable.
  • Pour les particuliers : un stage week-end peut se facturer 250 à 600 € par participant ; une formation en ligne, de 200 à 800 €.

Un formateur indépendant bien installé, qui combine sous-traitance et sessions en direct, vise couramment 4 000 à 7 000 € de chiffre d’affaires mensuel, davantage s’il se positionne sur des niches recherchées (IRVE, photovoltaïque, haute tension, recyclages d’habilitation en volume). La clé : vendre une expertise rare et un domaine réglementé à forte récurrence, pas du simple temps de présence.

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Les étapes concrètes pour vous lancer

Voici un chemin réaliste pour passer du chantier à la formation, dans le bon ordre, sans vous éparpiller.

  • 1. Validez votre légitimité : rassemblez vos diplômes métier, vos habilitations à jour (NF C 18-510) et la preuve de votre expérience.
  • 2. Spécialisez votre offre : choisissez un module précis et à forte demande (ex. « habilitation B1V/B2V », « initiation IRVE », « préparation à la NF C 15-100 »).
  • 3. Suivez une formation de formateur : notamment en habilitation électrique, pour crédibiliser votre pédagogie sécurité.
  • 4. Choisissez votre statut : micro-entreprise pour démarrer vite, ou société si vous investissez dans un plateau technique.
  • 5. Démarrez en sous-traitance : contactez CFA, GRETA et organismes pour vos premières missions rémunérées.
  • 6. Déclarez votre activité : obtenez votre NDA auprès de la DREETS dès votre première convention.
  • 7. Visez Qualiopi : structurez vos process et passez l’audit pour débloquer CPF et OPCO.

En suivant ces étapes, vous transformez votre savoir-faire d’électricien en une activité de formation rentable et durable. L’investissement initial est surtout du temps, de la rigueur administrative et un plateau technique ; le métier, lui, vous le maîtrisez déjà.

FAQ : devenir formateur électricité

Faut-il un diplôme pour devenir formateur en électricité ?

Aucun diplôme d’enseignant n’est légalement obligatoire pour former des adultes à l’électricité. Un diplôme métier (CAP, Bac pro MELEC, BTS Électrotechnique) et plusieurs années d’expérience restent toutefois fortement attendus par les organismes et les financeurs. Pour enseigner sous statut d’enseignant en lycée pro, un concours ou un recrutement spécifique est en revanche requis.

Faut-il être habilité pour former à l’habilitation électrique ?

Oui. Il n’existe pas d’agrément d’État, mais le formateur doit être compétent et lui-même habilité à un niveau au moins égal à celui qu’il enseigne, et maîtriser la norme NF C 18-510. Une formation de formateur en habilitation électrique est vivement recommandée. À noter : c’est l’employeur du stagiaire qui délivre l’habilitation, sur la base de votre avis.

Mes formations électricité peuvent-elles être financées par le CPF ?

Oui, à condition d’avoir obtenu la certification Qualiopi et, pour le CPF, de proposer une formation menant à une certification enregistrée au RNCP ou au Répertoire spécifique. Sans Qualiopi, vous ne pouvez pas mobiliser le CPF, les OPCO ni les financements de France Travail et des Régions.

Combien peut-on gagner comme formateur électricité indépendant ?

En sous-traitance, comptez 350 à 700 € par jour. En vente directe, une session d’habilitation se facture 150 à 350 € par stagiaire et une formation technique 1 000 à 2 500 € par participant. Un formateur bien installé, surtout sur des niches comme l’IRVE ou le recyclage d’habilitation, vise souvent 4 000 à 7 000 € de chiffre d’affaires mensuel.

Faut-il un plateau technique pour former en électricité ?

Oui, dans la grande majorité des cas. L’électricité est un métier pratique et la partie pratique est obligatoire en habilitation : armoires pédagogiques, dispositifs de consignation, EPI, matériel de mesure et de vérification d’absence de tension sont indispensables. Vous pouvez investir dans votre propre matériel ou louer les installations d’un CFA ou d’un centre partenaire.

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Maxime Pelerin, fondateur de Certiforma
Maxime Pélerin

J’accompagne les formateurs et entrepreneurs qui créent leur organisme de formation, de la déclaration d’activité à la certification Qualiopi. Plus de 1 300 accompagnés depuis 2020.

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