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Les obligations comptables d’un organisme de formation

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Réglementation · 13 min de lecture

Les obligations comptables d’un organisme de formation

Maxime Pélerin Maxime Pélerin · mis à jour le 23 juillet 2026
À retenir

La comptabilité d’un organisme de formation ne se limite pas aux obligations communes à toute entreprise : le Code du travail impose des règles spécifiques qui s’ajoutent au droit comptable général. Elles visent la transparence dans l’emploi des fonds dédiés à la formation et le contrôle de l’activité par l’administration. Comprendre ces exigences permet d’organiser sa tenue comptable dès le départ.

Deux professionnels examinent des documents financiers et comptables d un organisme de formation avec une calculatrice
Photo : Artem Podrez / Pexels

La comptabilité d’un organisme de formation ne se limite pas aux obligations communes à toute entreprise. Le Code du travail impose des règles spécifiques aux organismes de formation professionnelle, qui s’ajoutent au droit comptable général. Ces obligations visent la transparence dans l’emploi des fonds dédiés à la formation et le contrôle de l’activité par l’administration. Comprendre ce que la loi exige permet d’organiser sa tenue comptable dès le démarrage et d’éviter les difficultés lors d’un contrôle.

L’obligation d’établir des comptes annuels

La première obligation comptable d’un organisme de formation découle de l’article L6352-6 du Code du travail. Ce texte prévoit que l’organisme de formation de droit privé établit chaque année un bilan, un compte de résultat et une annexe. Ces trois documents constituent les comptes annuels de la structure et doivent refléter fidèlement sa situation patrimoniale et financière sur l’exercice écoulé.

Cette exigence s’applique indépendamment de la forme juridique de l’organisme privé. Qu’il s’agisse d’une société commerciale, d’une association ou d’un travailleur indépendant déclaré comme organisme de formation, le principe d’établissement annuel des comptes vaut dès lors que l’activité de formation est exercée. La tenue de ces documents repose sur une comptabilité régulière, sincère et donnant une image fidèle de l’activité.

Le bilan présente le patrimoine de l’organisme, c’est-à-dire ce qu’il possède et ce qu’il doit. Le compte de résultat retrace les produits et les charges de l’exercice, faisant apparaître le bénéfice ou la perte. L’annexe complète et commente l’information donnée par les deux premiers documents. L’article L6352-6 fait de ces trois pièces un socle obligatoire pour tout organisme de formation de droit privé.

Le suivi comptable distinct des activités

Au-delà des comptes annuels, l’article L6352-7 du Code du travail impose un suivi comptable distinct lorsqu’un organisme exerce à la fois une activité de formation continue et une activité d’apprentissage. Dans cette situation, les deux activités doivent faire l’objet d’un suivi séparé dans la comptabilité de la structure.

Cette séparation permet d’identifier clairement les produits et les charges rattachés à chacune des deux activités. Elle répond à un objectif de lisibilité et de contrôle, en évitant que les flux financiers de la formation continue et ceux de l’apprentissage ne soient mêlés au point de rendre impossible toute analyse distincte. Un organisme qui n’exerce que l’une des deux activités n’est pas concerné par cette obligation de suivi séparé prévue à l’article L6352-7.

Concrètement, ce suivi distinct se traduit par une organisation analytique de la comptabilité. Il ne s’agit pas nécessairement de tenir deux comptabilités totalement indépendantes, mais d’être en mesure de présenter, pour chaque activité, les éléments comptables qui la concernent. Cette exigence doit être anticipée dès la conception du plan comptable de l’organisme lorsque les deux activités coexistent.

Maxime Pelerin
Le retour d’expérience de Maxime
Fondateur de Certiforma

« Quand j’ai lancé Certiforma, j’ai compris vite que la comptabilité d’un organisme de formation se prépare dès le premier euro facturé, pas au moment de boucler l’exercice. Je vous conseille de paramétrer votre plan comptable en pensant tout de suite au BPF et au régime de TVA.

Si vous exercez à la fois la formation continue et l’apprentissage, mettez en place le suivi distinct dès le départ, c’est bien plus simple que de tout reconstituer après coup. Et gardez un œil sur les trois seuils chaque année, car le commissaire aux comptes devient obligatoire plus tôt qu’on ne l’imagine quand l’activité décolle. »

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La désignation d’un commissaire aux comptes

Certains organismes de formation sont tenus de désigner un commissaire aux comptes. Cette obligation résulte des articles L6352-8 et R6352-19 du Code du travail. Elle s’applique lorsque l’organisme dépasse deux des trois seuils fixés par ces textes.

Les trois seuils à surveiller

Les seuils prévus par les articles L6352-8 et R6352-19 sont les suivants :

  • 3 salariés ;
  • 153 000 euros de chiffre d’affaires ;
  • 230 000 euros de total de bilan.

L’obligation se déclenche dès lors que deux de ces trois seuils sont dépassés. Un organisme qui n’en franchit qu’un seul n’est donc pas tenu, à ce titre, de nommer un commissaire aux comptes. C’est le dépassement simultané d’au moins deux critères qui crée l’obligation prévue par les articles L6352-8 et R6352-19.

Le commissaire aux comptes est un professionnel indépendant chargé de certifier les comptes de l’organisme. Sa mission contribue à la fiabilité de l’information financière produite. Il convient de suivre attentivement l’évolution des trois indicateurs d’une année sur l’autre, car le franchissement des seuils peut intervenir au fil de la croissance de l’activité et faire naître l’obligation de désignation.

Le cas des organismes de droit public

Les obligations comptables ne concernent pas uniquement les organismes de droit privé. L’article L6352-10 du Code du travail prévoit que les organismes de formation de droit public retracent leurs opérations de formation dans un compte séparé.

Cette règle adapte la logique de transparence au cadre des structures publiques, qui obéissent à leurs propres règles de comptabilité publique. Plutôt que d’établir un bilan, un compte de résultat et une annexe selon le modèle de l’article L6352-6 applicable au privé, l’organisme public isole ses opérations de formation au sein d’un compte distinct. L’objectif reste identique : permettre l’identification et le suivi des fonds consacrés à l’activité de formation, conformément à l’article L6352-10.

Le lien avec le bilan pedagogique et financier

La comptabilité de l’organisme alimente une autre obligation propre au secteur de la formation : le bilan pédagogique et financier, désigné par le sigle BPF. L’article L6352-11 du Code du travail prévoit que l’organisme de formation adresse à l’administration ce bilan, qui retrace l’emploi des fonds. Le BPF doit être transmis avant le 30 avril.

Il importe de ne pas confondre deux obligations de nature différente. La comptabilité, avec ses comptes annuels et ses règles de suivi, est une obligation comptable au sens du Code du travail et du droit comptable. Le bilan pédagogique et financier est, lui, une déclaration administrative annuelle. Les deux sont liés, car les données comptables nourrissent la déclaration, mais ils ne se substituent pas l’un à l’autre.

En pratique, une comptabilité bien tenue facilite grandement l’établissement du BPF. Les informations relatives aux produits de l’activité de formation, à l’origine des fonds et à leur emploi se retrouvent dans les écritures comptables. Anticiper la structuration de sa comptabilité en fonction des rubriques du bilan pédagogique et financier permet de gagner du temps lors de la déclaration prévue par l’article L6352-11.

La question de la TVA

Le traitement de la taxe sur la valeur ajoutée constitue un point d’attention particulier pour les organismes de formation. La formation professionnelle continue peut être exonérée de TVA, mais cette exonération est soumise à conditions.

Pour bénéficier de cette exonération, l’organisme doit être déclaré et disposer d’une attestation. L’exonération n’est donc pas automatique du seul fait d’exercer une activité de formation. Elle suppose une démarche et la réunion des conditions requises. Un organisme qui ne remplit pas ces conditions reste soumis au régime de TVA de droit commun.

Le régime de TVA applicable a des conséquences directes sur la tenue comptable et sur la facturation. Selon que l’activité est exonérée ou non, le traitement des factures, la collecte éventuelle de la taxe et les déclarations diffèrent. Il est donc essentiel de déterminer en amont le régime applicable à son activité, afin de paramétrer correctement sa comptabilité et ses documents de facturation.

Organiser sa tenue comptable au quotidien

La bonne application des obligations issues du Code du travail repose sur une organisation comptable rigoureuse tout au long de l’année. Plusieurs points méritent une attention constante :

  • tenir une comptabilité régulière permettant d’établir le bilan, le compte de résultat et l’annexe exigés par l’article L6352-6 ;
  • mettre en place un suivi distinct des activités de formation continue et d’apprentissage lorsque les deux sont exercées, conformément à l’article L6352-7 ;
  • surveiller l’évolution des trois seuils des articles L6352-8 et R6352-19 pour anticiper l’éventuelle désignation d’un commissaire aux comptes ;
  • structurer ses écritures de manière à pouvoir établir le bilan pédagogique et financier avant le 30 avril, conformément à l’article L6352-11 ;
  • déterminer et appliquer correctement le régime de TVA, selon que l’activité bénéficie ou non de l’exonération.

Une tenue comptable à jour, plutôt qu’une régularisation tardive en fin d’exercice, sécurise l’ensemble de ces obligations. Elle permet de produire à tout moment une image fidèle de l’activité, de répondre à un éventuel contrôle et de renseigner sans difficulté la déclaration administrative annuelle. La comptabilité d’un organisme de formation gagne ainsi à être pensée comme un outil de pilotage autant que comme une obligation légale.

En résumé, les obligations comptables d’un organisme de formation s’articulent autour de quelques textes clés du Code du travail. L’article L6352-6 impose les comptes annuels pour le privé, l’article L6352-7 le suivi distinct des activités, les articles L6352-8 et R6352-19 la désignation d’un commissaire aux comptes au-delà de deux seuils sur trois, et l’article L6352-10 le compte séparé pour le public. À ces obligations comptables s’ajoutent la déclaration du bilan pédagogique et financier prévue par l’article L6352-11 et la gestion du régime de TVA.

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Questions fréquentes

Quels documents comptables un organisme de formation doit-il établir chaque année ?

Selon l’article L6352-6 du Code du travail, l’organisme de formation de droit privé établit chaque année un bilan, un compte de résultat et une annexe. Ces trois documents forment ses comptes annuels.

Quand un organisme de formation doit-il désigner un commissaire aux comptes ?

Les articles L6352-8 et R6352-19 imposent la désignation d’un commissaire aux comptes lorsque l’organisme dépasse deux des trois seuils suivants : 3 salariés, 153 000 euros de chiffre d’affaires et 230 000 euros de total de bilan.

Faut-il séparer la comptabilité de la formation continue et de l’apprentissage ?

Oui. L’article L6352-7 prévoit un suivi comptable distinct entre l’activité de formation continue et l’activité d’apprentissage lorsqu’un même organisme exerce ces deux activités.

La comptabilité et le bilan pédagogique et financier sont-ils la même chose ?

Non. La comptabilité est une obligation comptable avec comptes annuels et règles de suivi. Le bilan pédagogique et financier, prévu par l’article L6352-11 et transmis avant le 30 avril, est une déclaration administrative qui retrace l’emploi des fonds.

La formation professionnelle est-elle exonérée de TVA ?

La formation professionnelle continue peut être exonérée de TVA sous conditions. L’organisme doit notamment être déclaré et disposer d’une attestation. À défaut, l’activité reste soumise au régime de TVA de droit commun.

Quelles sont les obligations comptables des organismes de formation de droit public ?

L’article L6352-10 prévoit que les organismes de formation de droit public retracent leurs opérations de formation dans un compte séparé, afin d’en permettre l’identification et le suivi.

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Maxime Pelerin, fondateur de Certiforma
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