De gérante de salon à formatrice en coiffure : le parcours de Séverine
Maxime Pélerin · mis à jour le 9 octobre 2026Séverine avait déjà son salon. Elle raconte comment elle a ajouté une activité de formation à côté, sans fermer boutique, pour lisser ses mois creux.

✓ Vérifiéle 23 septembre 2026 contre Accompagnement Certiforma — parcours rapporté par la personne concernée, publié avec son accord
Séverine n’est pas partie de zéro. Elle gère son propre salon de coiffure depuis huit ans, avec deux fauteuils et une clientèle fidèle, sous un statut de micro-entreprise. Son activité tourne, mais elle connaît les creux de janvier et de plein été, quand le salon se vide. L’idée de former d’autres coiffeuses ne venait pas d’une envie de tout plaquer pour transmettre : elle cherchait une deuxième source de revenus, adossée à ce qu’elle sait déjà faire, sans mettre son salon entre parenthèses.
Le point de départ : les doutes qui bloquent
« Est-ce que j’ai même le droit de cumuler deux activités ? J’ai une micro-entreprise pour le salon, je ne savais pas si la formation rentrait dans le même statut ou s’il fallait tout changer. »
« Je me demandais si j’allais me disperser. Entre les rendez-vous au salon et le montage des formations, j’avais peur de mal faire les deux au lieu de bien faire un seul métier. »
« Franchement, je me suis demandé si ça valait le coup à côté du salon, ou si j’allais juste m’ajouter du travail pour trois francs six sous. »
Le déclic : un premier pas
Le déclic est venu quand elle a compris qu’elle n’avait pas à choisir entre les deux. Une activité de formation pouvait s’adosser à sa structure existante, sans fermer le salon ni changer de vie. Surtout, elle pouvait démarrer petit : une première session courte, calée sur ses journées creuses, pour tester sans risquer sa trésorerie. Ce n’était plus un virage à 180 degrés, mais une corde de plus à son arc.
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Les étapes, une peur qui tombe à chaque fois
La déclaration d’activité (NDA). C’est là que sa première peur est tombée. On lui a confirmé qu’elle pouvait exercer les deux activités sous sa micro-entreprise existante, en ajoutant simplement la formation à son objet, sans créer une nouvelle structure. Elle a vérifié que le chiffre d’affaires de la formation s’ajoutait bien à celui du salon pour le calcul de ses plafonds, un point qu’elle a intégré dans son suivi comptable dès le départ. La déclaration d’activité auprès de la DREETS a officialisé cette seconde casquette et lui a ouvert l’accès aux financements, sans rien retirer à son salon.
Apprendre à transmettre. Séverine maîtrisait le geste, mais former une coiffeuse en activité, ce n’est pas coiffer à sa place. Elle a suivi la formation de formateur d’adultes en 35 heures, à son rythme, sur ses soirées et ses journées sans rendez-vous. Elle a appris à ralentir un geste, à le verbaliser, à repérer pourquoi une élève tenait mal sa mèche. C’est ce qui l’a rassurée sur le fait qu’elle n’allait pas se disperser : elle structurait un vrai métier, pas un bricolage à côté.
Qualiopi. Une fois sa première session testée et validée, elle a visé la certification Qualiopi pour rendre ses formations finançables. Elle appréhendait la lourdeur administrative en plus de son salon, mais elle a monté son dossier par petites touches, un indicateur à la fois, en s’appuyant sur les preuves qu’elle produisait déjà pour ses premières sessions. La certification a transformé son offre : ses formations devenaient éligibles aux fonds des salons et des réseaux.
Le financement. C’est le levier qui a rendu la diversification rentable. Ses formations, désormais finançables, intéressaient les salons de sa région qui font monter leurs équipes en compétences via leur OPCO. Séverine a pu vendre des interventions intra-salon sur le balayage et la colorimétrie, prises en charge, sans que ses clients aient à sortir le budget de leur poche. Le financement a levé sa dernière peur, celle de la rentabilité : la demande était là dès lors que le prix était couvert.
« J’avais peur de me disperser entre le salon et la formation. En réalité, la formation remplit exactement les semaines où le salon tourne au ralenti. Les deux se tiennent chaud au lieu de se marcher dessus. »
Le premier bilan en chiffres
- Une première session courte testée sur ses journées creuses avant tout investissement, pour valider la demande sans risque.
- Trois à quatre interventions intra-salon par trimestre, à environ 700 euros la journée, la plupart financées par les OPCO des salons clients.
- Un revenu complémentaire d’environ 8 000 euros sur sa première année de formation, encaissé sans fermer son salon un seul jour supplémentaire.
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Aujourd’hui
Aujourd’hui, Séverine ne se voit plus comme une coiffeuse qui fait de la formation en dépannage, mais comme une gérante avec deux activités qui se soutiennent. Ses mois creux au salon sont devenus ses mois pleins de formation. Elle a lissé sa saisonnalité, valorisé autrement quinze ans de métier, et gagné en crédibilité auprès de ses pairs, tout en gardant les mains dans le cheveu, ce qu’elle n’aurait jamais voulu lâcher.
Comment reproduire ce parcours chez vous
Si vous êtes déjà à votre compte dans la coiffure, vous n’avez pas à choisir entre votre activité actuelle et la formation. Commencez par vérifier que vous pouvez adosser la formation à votre statut existant, posez votre déclaration d’activité pour ouvrir les financements, puis testez une première session courte sur vos périodes creuses. Vous saurez vite si ça vaut le coup, et vous construirez votre seconde activité sans jamais mettre la première en danger.
Étude de cas illustrative, donnée à titre d’exemple pour représenter un parcours type. Les témoignages de nos clients réels seront publiés prochainement.
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