Indicateur 22 Qualiopi
Maxime Pélerin · mis à jour le 29 juillet 2026L’indicateur 22 du Référentiel National Qualité (RNQ) exige que le prestataire entretienne et développe les compétences de l’ensemble de son personnel, adaptées aux prestations délivrées : formateurs, mais aussi personnel administratif, référents handicap et support. Rattaché au Critère 5, il concerne tous les organismes de formation. Son non-respect, même partiel, entraîne une non-conformité majeure lors de l’audit initial ou de surveillance.

L’indicateur 22 Qualiopi est l’un des critères les plus structurants du Référentiel National Qualité : il porte sur le développement des compétences de l’ensemble du personnel de votre organisme de formation. Souvent sous-estimé, cet indicateur fait pourtant partie de ceux dont le non-respect, même partiel, entraîne une non-conformité majeure. Autant dire qu’il mérite toute votre attention, que vous prépariez votre audit initial ou votre audit de surveillance. Dans ce guide complet, nous décryptons précisément ce que l’indicateur 22 exige, comment vous y conformer concrètement, et surtout quelles preuves préparer pour rassurer votre auditeur.
Que dit exactement l’indicateur 22 Qualiopi ?
La formulation officielle de l’indicateur 22 du Référentiel National Qualité est la suivante : « Le prestataire entretient et développe les compétences de ses salariés, adaptées aux prestations qu’il délivre. »
« L’indicateur 22, qui touche au respect des obligations légales et réglementaires, c’est typiquement celui qu’on sous-estime parce qu’il a l’air administratif et lointain. L’erreur que je vois, c’est de le traiter en vrac, en empilant quelques documents au hasard, sans comprendre qu’il s’agit de prouver que vous connaissez et appliquez les règles propres à votre activité de formation.
Mon conseil concret : faites-vous une petite veille structurée. Notez les obligations qui vous concernent vraiment, le règlement intérieur, l’information du stagiaire sur ses droits, l’accessibilité, et gardez la trace de la façon dont vous les respectez. L’auditeur ne vous demande pas d’être juriste, il veut voir que vous êtes au courant et à jour. Un simple document qui liste vos obligations et la preuve associée pour chacune suffit à montrer le sérieux. Le mettre à jour une fois par an, c’est largement assez pour passer cet indicateur sans stress. »
Cet indicateur appartient au Critère 5 du référentiel, qui traite de la qualification et du développement des connaissances et compétences des personnels. Concrètement, l’indicateur 22 impose à votre organisme de formation de démontrer qu’il ne se contente pas de recruter des intervenants qualifiés, mais qu’il entretient et fait évoluer activement les compétences de toutes les personnes qui contribuent à la qualité de vos prestations : formateurs, bien sûr, mais aussi personnel administratif, conseillers pédagogiques, assistants, référents handicap ou support technique.
En d’autres termes, l’audit Qualiopi ne vérifie pas seulement que vos formateurs sont compétents au moment du recrutement : il s’assure que vous mettez en place une démarche continue et documentée pour faire progresser l’ensemble de votre équipe, en adéquation avec les types de formations que vous proposez.
À qui s’applique l’indicateur 22 ?
L’indicateur 22 est un indicateur commun à toutes les catégories d’actions : actions de formation, bilans de compétences, actions de VAE et actions de formation par apprentissage (CFA). Que votre organisme délivre l’une ou plusieurs de ces prestations, vous devrez répondre à cet indicateur.
Une nuance importante concerne la taille de votre structure :
- Si vous avez des salariés : vous devez démontrer la mobilisation de différents leviers de formation et de professionnalisation pour l’ensemble de votre personnel, qu’il soit pédagogique ou administratif.
- Si vous êtes formateur indépendant (sans salarié) : l’attendu est adapté. Vous devez démontrer votre propre démarche de formation continue, c’est-à-dire la manière dont vous entretenez et développez vos compétences personnelles, qu’elles soient techniques (votre domaine d’expertise) ou pédagogiques.
Cette distinction est essentielle : un auditeur n’attendra pas les mêmes preuves d’un organisme de 30 salariés que d’un consultant solo. Mais dans les deux cas, l’esprit de l’indicateur reste identique : prouver une dynamique continue de montée en compétences.
Lire aussi : Indicateur 23 Qualiopi →
Le niveau attendu pour l’indicateur 22
Le niveau attendu officiel précise : « Démontrer la mobilisation des différents leviers de formation et de professionnalisation pour l’ensemble de son personnel. »
Cette formulation a été élargie afin d’inciter les organismes à adopter une approche globale et intégrée du développement des compétences. Quatre dimensions concrètes en découlent :
1. La mobilisation de leviers variés
Vous devez prouver que vous utilisez plusieurs méthodes et outils de formation : formations internes et externes, séminaires, ateliers, modules e-learning, programmes de mentorat, webinaires, conférences professionnelles, etc. Un seul levier ne suffit pas à démontrer une véritable stratégie de professionnalisation.
2. Une vraie professionnalisation
Ces actions doivent aller au-delà de la simple acquisition de connaissances et viser à renforcer les capacités professionnelles : compétences pédagogiques, gestion, administration, support technique, accompagnement des publics. L’objectif est l’amélioration concrète des pratiques.
3. La couverture de l’ensemble du personnel
L’approche doit être inclusive et couvrir tous les membres de l’équipe, pas seulement les formateurs. Le personnel administratif, les conseillers, les techniciens et toute personne impliquée dans la prestation des services de formation sont concernés. C’est un point sur lequel beaucoup d’organismes échouent : ils documentent la formation de leurs formateurs mais oublient le reste de l’équipe.
4. La documentation et les preuves
Enfin, vous devez fournir des preuves concrètes : plans de développement des compétences, registres de participation, attestations, évaluations des résultats de formation, comptes rendus d’entretiens professionnels. Sans traçabilité, votre démarche, aussi réelle soit-elle, ne sera pas validée par l’auditeur.
Comment se conformer concrètement à l’indicateur 22 ?
Pour répondre efficacement à l’indicateur 22, nous vous recommandons de structurer votre démarche en plusieurs étapes, qui constitueront naturellement votre fil conducteur le jour de l’audit.
Étape 1 : identifier les besoins en compétences
Commencez par cartographier les compétences requises pour chaque poste, en analysant les évolutions de votre secteur, les retours de vos apprenants et les éventuelles non-conformités passées. Cette analyse peut être réalisée annuellement et après chaque session de formation majeure. Elle constitue le point de départ logique de votre plan de développement des compétences.
Étape 2 : formaliser un plan de développement des compétences
Rédigez un document qui détaille votre stratégie : qui se forme, sur quoi, quand, par quels moyens et avec quels objectifs. Ce plan n’a pas besoin d’être un document complexe : un tableau clair, daté et tenu à jour suffit largement pour un petit organisme. L’essentiel est qu’il soit vivant et reflète une réalité, et non un document de façade créé la veille de l’audit.
Étape 3 : mettre en œuvre et tracer les actions
Déployez concrètement les formations prévues et conservez systématiquement les preuves : attestations de formation, factures, captures d’écran de modules e-learning suivis, programmes de séminaires, supports d’ateliers internes. Chaque action de professionnalisation doit laisser une trace.
Étape 4 : évaluer et suivre les progrès
Mettez en place un suivi de l’impact : évaluations de compétences post-formation, feedbacks des intervenants, réunions de suivi régulières. Démontrer que vous mesurez les effets de vos actions renforce considérablement la crédibilité de votre démarche aux yeux de l’auditeur.
Lire aussi : Indicateur 24 Qualiopi →
Quelles preuves préparer pour l’audit ?
Les exemples de preuves officiels associés à l’indicateur 22 mentionnent la « qualification des personnels » et la « mobilisation de différents leviers de formation et de professionnalisation : recherche-action, plan de développement des compétences, entretien professionnel, communauté de pairs, groupe d’analyse et d’échange de pratiques, diffusion de documents d’information sur les possibilités de formation et de qualification tout au long de la vie (CPF, VAE, etc.) ».
Voici, de façon opérationnelle, les preuves que vous pouvez constituer :
- Dossiers de qualification du personnel : diplômes, CV à jour, certificats de formation continue, attestations de compétences pour chaque membre de l’équipe.
- Plan de développement des compétences : document stratégique avec calendrier et objectifs précis.
- Comptes rendus d’entretiens professionnels : trace des échanges où les besoins de développement sont discutés et planifiés (obligatoires tous les deux ans pour les salariés).
- Preuves de communautés de pairs : participation à des groupes d’échange de pratiques, forums professionnels, réseaux métiers, groupes de travail.
- Recherche-action : projets visant à améliorer les méthodes pédagogiques ou opérationnelles de l’organisme.
- Diffusion d’informations : newsletters, brochures ou notes internes informant le personnel sur le CPF, la VAE et les opportunités de formation tout au long de la vie.
Si vous êtes formateur indépendant, ces preuves se concentrent sur vous-même : attestations de formations suivies, veille métier documentée, participation à des conférences, abonnements professionnels, certifications renouvelées. Pour bien articuler cet indicateur avec ses voisins, consultez aussi notre guide sur l’indicateur 23 Qualiopi, qui traite spécifiquement de la formation des formateurs aux publics en situation de handicap.
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Découvrir · 1 429 € HTÉtude de cas : la professionnalisation chez « TechAdvance »
Pour illustrer une mise en œuvre exemplaire, prenons le cas de « TechAdvance », un centre de formation spécialisé dans les technologies de l’information. Pour répondre aux exigences de Qualiopi, l’organisme s’engage à développer continuellement les compétences de tout son personnel : pédagogique, administratif et technique.
Le défi : garantir que tous les employés, des formateurs aux assistants administratifs, restent à jour sur les dernières technologies et méthodologies pédagogiques, pour offrir une expérience d’apprentissage de qualité.
La mise en œuvre : TechAdvance évalue d’abord les besoins en compétences pour chaque poste, de façon annuelle et après chaque session majeure. En fonction des besoins identifiés, l’organisme propose un éventail de formations : certifications techniques pour le personnel IT, ateliers sur les nouvelles méthodes d’enseignement pour les formateurs, séminaires sur la relation client pour le personnel administratif. Ces actions combinent sessions internes, e-learning et interventions d’experts externes. Pour chaque formation, la participation est suivie et l’impact évalué via des tests de compétences et des feedbacks réguliers. Des réunions de suivi trimestrielles permettent d’ajuster le plan.
Le résultat : une amélioration notable de la performance du personnel et de la satisfaction des apprenants. Les employés se sentent plus compétents et engagés, ce qui se traduit par une meilleure qualité de service. Cet exemple montre comment un engagement proactif et documenté contribue directement à la qualité des prestations, tout en assurant la conformité à l’indicateur 22.
Lire aussi : Indicateur 25 Qualiopi →
Indicateur 22 : non-conformité majeure en cas de manquement
Point crucial à retenir : « Dans l’échantillon audité, le non-respect (même partiel) de cet indicateur entraîne une non-conformité majeure. »
Une non-conformité majeure signifie que votre organisme n’a pas mis en place ou n’a pas respecté les exigences de développement professionnel de ses salariés. Cela peut couvrir plusieurs situations :
- Absence de plan de développement des compétences clairement défini et documenté ;
- Manque de preuves que les qualifications du personnel sont mises à jour ;
- Défaillance dans la mise en œuvre de formations continues ou d’entretiens professionnels ;
- Mobilisation insuffisante de leviers variés de professionnalisation ;
- Absence de diffusion d’informations sur le CPF, la VAE et la formation tout au long de la vie.
Même une défaillance partielle, sur un seul de ces domaines, peut être qualifiée de majeure, car elle révèle une faiblesse sérieuse dans votre système de management de la qualité. Une non-conformité majeure doit être levée dans un délai imparti, faute de quoi votre certification est compromise. C’est pourquoi l’indicateur 22 ne doit jamais être traité à la légère. Les indicateurs voisins du Critère 5, comme l’indicateur 21 sur la compétence des intervenants, partagent cette même rigueur.
Ce qui change par rapport à la version précédente du référentiel
Pour les organismes déjà certifiés, voici les évolutions à connaître concernant l’indicateur 22 :
- Description de l’indicateur : aucune modification, la formulation reste identique.
- Niveau attendu : élargi. On ne parle plus uniquement du « plan de développement des compétences » ; il faut désormais démontrer la mobilisation des différents leviers de formation et de professionnalisation pour l’ensemble du personnel.
- Précisions pour les indépendants : pas de changement, ils démontrent toujours leur démarche de formation continue.
- Exemples de preuves : ajout de la notion de « qualification des personnels ».
- Type de non-conformité : inchangé, il reste majeur.
- Nouveaux entrants : cet indicateur continue d’être audité lors de l’audit de surveillance, et non lors de l’audit initial.
Aucune obligation spécifique ni nouveau terme de glossaire n’ont été ajoutés pour cet indicateur.
Les erreurs fréquentes à éviter sur l’indicateur 22
Au fil de nos accompagnements, certaines erreurs reviennent régulièrement et coûtent cher en audit :
- Ne documenter que les formateurs en oubliant le personnel administratif et support, alors que l’indicateur couvre tout le monde.
- Créer un plan de développement « pour l’audit » sans réelle traçabilité des actions effectivement réalisées.
- Confondre qualification initiale et développement continu : avoir recruté des formateurs diplômés ne suffit pas, il faut prouver une dynamique d’évolution.
- Oublier les entretiens professionnels, pourtant obligatoires et précieux comme preuve.
- Négliger la diffusion d’informations sur le CPF et la VAE, un levier simple à mettre en place et explicitement attendu.
Pour sécuriser l’ensemble de votre démarche et ne rien laisser au hasard, il peut être judicieux de vous appuyer sur l’Accompagnement Qualiopi de Certiforma : un expert vérifie vos preuves indicateur par indicateur et vous prépare aux questions de l’auditeur. Vous pouvez également approfondir les indicateurs liés à la qualité de l’environnement et des moyens avec l’indicateur 24 Qualiopi.
FAQ : vos questions sur l’indicateur 22 Qualiopi
Qu’est-ce que l’indicateur 22 exige des prestataires de formation ?
Il exige que les organismes démontrent activement leur engagement dans le développement professionnel de l’ensemble de leurs salariés, afin de s’assurer qu’ils disposent en permanence des compétences adaptées aux formations qu’ils délivrent. La démarche doit être continue, documentée et couvrir tout le personnel, pas seulement les formateurs.
Comment prouver le développement des compétences de son personnel ?
Par un plan de développement des compétences daté et tenu à jour, des comptes rendus d’entretiens professionnels, des attestations de formation continue, des preuves de participation à des communautés de pairs ou à des projets de recherche-action, et des dossiers de qualification (diplômes, certificats) pour chaque membre de l’équipe.
Quelles sont les conséquences d’une non-conformité avec l’indicateur 22 ?
Une non-conformité, même partielle, sur cet indicateur entraîne une non-conformité majeure. Elle doit être levée dans les délais fixés par votre organisme certificateur, sous peine de compromettre l’obtention ou le maintien de votre certification Qualiopi.
L’indicateur 22 s’applique-t-il aux formateurs indépendants sans salarié ?
Oui. Pour les indépendants, l’attendu est adapté : ils doivent démontrer leur propre démarche de formation continue, c’est-à-dire la manière dont ils entretiennent et développent leurs compétences techniques et pédagogiques (formations suivies, veille métier, certifications renouvelées, participation à des réseaux professionnels).
Conclusion : sécurisez votre indicateur 22 et développez votre activité
L’indicateur 22 récompense les organismes qui font de la montée en compétences de leur équipe une véritable culture, et non une formalité administrative. En structurant votre démarche, en mobilisant des leviers variés et en conservant des preuves solides, vous transformez une exigence parfois redoutée en un véritable atout qualité, bénéfique pour vos apprenants comme pour la pérennité de votre activité.
Pour aller plus vite et sécuriser votre certification, découvrez l’Accompagnement Qualiopi de Certiforma : vous êtes guidé pas à pas sur chaque indicateur, avec des modèles de preuves prêts à l’emploi et la relecture de votre dossier par un expert. Vous pouvez aussi consulter l’indicateur 25 Qualiopi et l’indicateur 26 Qualiopi pour compléter votre maîtrise du Critère 5.
Enfin, une fois votre certification obtenue, l’enjeu devient de remplir et développer vos sessions de formation. C’est précisément le rôle de Formiva, la plateforme qui vous aide non seulement à gérer votre organisme au quotidien (suivi qualité, conformité, gestion administrative), mais aussi à attirer des apprenants et à développer votre chiffre d’affaires. Conformité et croissance : les deux faces d’un organisme de formation pérenne.
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