Indicateur 25 Qualiopi
Maxime Pélerin · mis à jour le 29 juillet 2026L’indicateur 25 du Référentiel National Qualité (RNQ) impose au prestataire de réaliser une veille sur les innovations pédagogiques et technologiques et d’en exploiter les enseignements pour faire évoluer ses prestations. Commun à toutes les catégories d’actions (formation, bilan de compétences, VAE, apprentissage), il exige une double preuve lors de l’audit Qualiopi : la réalité de la veille et son effet concret sur le contenu, les modalités ou les outils des formations. La non-conformité la plus fréquente est une procédure de veille formelle sans traduction opérationnelle.

L’indicateur 25 de la certification Qualiopi porte sur un sujet trop souvent négligé par les organismes de formation : la veille sur les innovations pédagogiques et technologiques. Commun à toutes les catégories d’actions (formation, bilan de compétences, VAE, apprentissage), il exige du prestataire qu’il reste informé des évolutions de son secteur et qu’il en tire des enseignements concrets pour faire progresser ses prestations. Dans cet article, nous vous expliquons précisément ce que demande l’indicateur 25, comment vous y conformer au quotidien, quelles preuves préparer pour l’audit et comment éviter la non-conformité la plus fréquente.
Que demande l’indicateur 25 de la certification Qualiopi ?
La formulation officielle de l’indicateur 25 issue du Référentiel National Qualité (RNQ) est la suivante : « Le prestataire réalise une veille sur les innovations pédagogiques et technologiques permettant une évolution de ses prestations et en exploite les enseignements. »
« L’indicateur 25, sur la veille pédagogique et technologique, c’est celui que je vois traité comme une case de plus à cocher. On rédige une belle « procédure de veille » qui ne vit jamais, on s’abonne à deux newsletters qu’on ne lit pas, et on croise les doigts. Sauf que l’auditeur ne veut pas voir une intention de faire de la veille, il veut voir ce que cette veille a réellement changé dans vos formations.
Mon conseil : reliez toujours la veille à une action concrète. Vous avez repéré un nouvel outil pédagogique, une évolution dans votre secteur, une nouvelle pratique ? Notez ce que vous en avez tiré et ce que vous avez modifié en salle ou dans vos supports. Gardez une trace simple, au fil de l’eau, de ces apports et de leurs effets. Une seule évolution réellement intégrée raconte une histoire bien plus crédible qu’une procédure parfaite que personne n’applique. »
Concrètement, l’indicateur 25 demande aux centres de formation de surveiller en permanence les nouvelles méthodes d’enseignement et les outils technologiques susceptibles de rendre leurs prestations plus efficaces, plus engageantes et plus adaptées aux besoins des apprenants. Mais attention : l’indicateur ne se limite pas à collecter de l’information. Il exige aussi que vous exploitiez les enseignements de cette veille, c’est-à-dire que vous démontriez comment vos découvertes influencent réellement le contenu, les modalités ou les outils de vos formations.
En d’autres termes, il ne suffit pas de prouver que vous lisez des revues spécialisées ou que vous assistez à des salons : il faut montrer que cette veille produit des effets tangibles sur votre offre. C’est cette double exigence, veiller et exploiter, qui constitue le cœur de l’indicateur 25.
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Découvrir · 1 429 € HTÀ qui s’applique l’indicateur 25 ?
L’indicateur 25 est un indicateur commun : il s’applique à toutes les catégories d’actions concourant au développement des compétences, sans exception. Que vous soyez un organisme de formation, un centre de bilan de compétences, un opérateur de VAE ou un centre de formation d’apprentis (CFA), vous devez répondre à cet indicateur.
Il figure dans le Critère 6 du référentiel, dédié à l’inscription et à l’investissement du prestataire dans son environnement professionnel. Cet indicateur dialogue étroitement avec les autres indicateurs de ce critère, notamment ceux portant sur la veille légale et réglementaire, la veille sur les compétences et métiers, et les partenariats. Pour bien comprendre la cohérence d’ensemble, il est utile de le mettre en perspective avec l’indicateur 26 sur la veille légale et réglementaire, qui obéit à une logique très proche mais sur un objet différent.
Lire aussi : Indicateur 26 Qualiopi →
Niveau attendu par l’auditeur pour l’indicateur 25
Le niveau attendu officiel précise : « Démontrer la mise en place d’une veille sur les thèmes de l’indicateur et son impact éventuel sur les prestations. »
Pour satisfaire pleinement l’auditeur, vous devez être en mesure de prouver quatre choses :
- La mise en place d’une veille active et organisée : un dispositif identifié, avec des sources régulières (revues, newsletters, réseaux, conférences, plateformes).
- L’analyse et l’évaluation des informations recueillies : vous triez ce qui est pertinent pour votre activité et vous évaluez l’opportunité de l’intégrer.
- L’intégration concrète des enseignements tirés : des évolutions visibles dans vos contenus, vos modalités ou vos outils pédagogiques.
- La documentation de l’ensemble de la démarche : traces écrites de la veille et des changements qu’elle a engendrés.
Le mot-clé à retenir est « impact ». Une veille sans impact démontrable est précisément ce qui déclenche une non-conformité. À l’inverse, montrer un cheminement clair, « j’ai repéré telle innovation, je l’ai évaluée, je l’ai intégrée de cette façon, et voici le résultat », vous met en position idéale face à l’auditeur.
Comment mettre en place une veille pédagogique et technologique efficace
La meilleure manière de répondre à l’indicateur 25 est de structurer votre veille comme un véritable processus, et non comme une activité ponctuelle réalisée la veille de l’audit. Voici une méthode en plusieurs étapes.
1. Identifier vos sources de veille
Listez les sources que vous suivez régulièrement. Pour la veille pédagogique et technologique, on retrouve typiquement :
- Des revues et publications spécialisées dans la formation et l’ingénierie pédagogique.
- Des newsletters et blogs d’experts du learning (microlearning, classe inversée, IA générative appliquée à la formation, gamification, réalité virtuelle, etc.).
- La participation à des salons, conférences, colloques et webinaires (Learning Technologies, salons EdTech, etc.).
- L’adhésion à un réseau professionnel : syndicat, fédération, groupe d’analyse de pratiques, forums de formateurs.
- Le test de nouveaux outils : LMS, outils auteurs, solutions de classe virtuelle, outils d’évaluation en ligne.
2. Formaliser un support de veille
Tenez un document unique, souvent appelé « tableau de veille » ou « journal de veille », dans lequel vous consignez, au fil de l’eau : la date, la source, le sujet repéré, votre analyse de pertinence, et la décision prise (à tester, à intégrer, à écarter). Ce support est la pièce maîtresse que l’auditeur cherchera à voir. Il transforme une activité informelle en preuve formelle.
3. Diffuser la veille en interne
Si vous travaillez avec d’autres formateurs ou sous-traitants, montrez comment l’information circule : compte-rendu de réunion pédagogique, bulletin interne, espace partagé de ressources. La diffusion interne fait partie des preuves explicitement valorisées par le référentiel.
4. Exploiter et tracer l’impact
C’est l’étape décisive. Pour chaque innovation retenue, documentez le changement concret : nouvelle modalité distancielle introduite, support pédagogique mis à jour, outil d’évaluation déployé, séquence repensée. Conservez les versions « avant / après » de vos programmes pour rendre l’évolution lisible.
Lire aussi : Indicateur 27 Qualiopi →
Les preuves attendues à l’audit pour l’indicateur 25
Le référentiel détaille précisément les éléments de preuve recevables. Voici la liste des justificatifs que vous pouvez préparer pour l’audit Qualiopi de l’indicateur 25 :
- Votre tableau ou journal de veille sur les innovations pédagogiques et technologiques, et les documents associés (articles collectés, synthèses).
- Les preuves de participation à des conférences, colloques, salons, groupes de réflexion et d’analyse de pratiques : billets, attestations de présence, programmes.
- Les justificatifs d’adhésion à un réseau professionnel (syndicat, fédération, forums) et les abonnements à des revues professionnelles.
- La diffusion interne des éléments de veille au personnel (bulletins, comptes-rendus de réunions).
- Les évolutions apportées au contenu des prestations, aux modalités ou aux outils pédagogiques, avec preuves à l’appui.
- Une analyse d’opportunité et de faisabilité sur la mise en œuvre des innovations envisagées.
Pour les organismes qui accueillent des personnes en situation de handicap, le référentiel ajoute une attente : la participation à des conférences, colloques, salons ou groupes de réflexion en matière d’innovations pédagogiques et technologiques adaptées au public visé. Pensez donc à conserver les preuves de votre veille spécifique à l’accessibilité.
Pour gagner du temps et ne rien oublier, beaucoup de prestataires s’appuient sur des modèles prêts à l’emploi. C’est précisément l’objet de l’Accompagnement Qualiopi de Certiforma, qui fournit les trames de veille et la liste exhaustive des preuves attendues, indicateur par indicateur.
Étude de cas : la veille pédagogique chez « TechLearn »
Prenons un exemple concret. « TechLearn » est un centre de formation spécialisé dans les technologies de l’information, un secteur qui évolue à une vitesse fulgurante. Pour rester pertinent, l’organisme a structuré sa réponse à l’indicateur 25 en trois temps.
- Veille active : abonnement à des revues spécialisées en TIC, participation à des conférences internationales sur l’éducation et la technologie, suivi de webinaires et de cours en ligne par l’équipe pédagogique.
- Analyse et intégration : une équipe dédiée examine régulièrement les informations collectées et évalue leur applicabilité. Exemple d’innovation intégrée : la réalité augmentée pour améliorer l’apprentissage pratique des concepts de programmation.
- Mesure de l’impact : après chaque mise à jour, « TechLearn » mesure l’effet sur l’engagement et la réussite des apprenants grâce à des enquêtes de satisfaction et à des évaluations de compétences avant/après.
Résultat : une hausse notable des inscriptions aux cours mis à jour et une amélioration de la satisfaction des apprenants. Cet exemple illustre parfaitement la logique de l’indicateur 25 : la veille n’a de valeur, aux yeux de l’auditeur, que lorsqu’elle se traduit par des effets mesurables sur les prestations.
Lire aussi : Indicateur 28 Qualiopi →
Non-conformité de l’indicateur 25 : ce qu’il faut absolument éviter
Le référentiel précise le critère de non-conformité : « Dans l’échantillon audité, une non-conformité mineure est caractérisée par l’absence d’exploitation de la veille mise en place. »
Autrement dit, la non-conformité la plus fréquente sur l’indicateur 25 n’est pas l’absence de veille, mais l’absence d’exploitation de cette veille. Beaucoup d’organismes collectent de l’information sans jamais démontrer comment celle-ci a fait évoluer leurs prestations. C’est une non-conformité mineure, mais elle reste à corriger pour obtenir ou conserver la certification.
Pour la prévenir, adoptez ce réflexe simple : à chaque ligne de votre tableau de veille, ajoutez une colonne « action / impact ». Si cette colonne reste vide, vous savez que vous êtes exposé. Reliez systématiquement chaque information importante à une décision, même négative (« non retenu car non pertinent pour notre public »), car cela démontre une exploitation raisonnée de la veille.
Attentes spécifiques pour les nouveaux entrants
Si vous êtes un nouvel entrant (organisme en cours de première certification), le niveau d’exigence est légèrement allégé : « Démontrer la mise en place d’une veille pédagogique et technologique. L’impact éventuel sera audité lors de l’audit de surveillance. »
Concrètement, lors de l’audit initial, vous devez prouver que votre dispositif de veille existe et fonctionne. La démonstration de l’impact concret sur vos prestations sera évaluée plus tard, lors de l’audit de surveillance. C’est une bonne nouvelle pour les structures récentes, mais ne négligez pas pour autant la traçabilité dès le départ : préparer l’exploitation dès la première année vous évitera une mauvaise surprise au moment de la surveillance. Cette logique « nouvel entrant » se retrouve sur plusieurs indicateurs du Critère 6, comme l’indicateur 27 relatif aux compétences et métiers.
Indicateur 25 : ce qui change par rapport à la version précédente
Bonne nouvelle pour les organismes déjà certifiés : la description et le niveau attendu de l’indicateur 25 n’ont pas changé par rapport à la version antérieure du guide de lecture. Il n’existe pas de précision spécifique, pas d’obligation spécifique, ni de glossaire dédié à cet indicateur.
La principale évolution concerne les exemples de preuves : certains ont été reformulés, et de nouveaux éléments ont été ajoutés autour des évolutions apportées par la veille sur les modalités et les outils pédagogiques. Cela renforce le message central : l’auditeur attend de plus en plus de preuves d’exploitation, pas seulement de collecte. Pour situer l’indicateur 25 dans la suite logique du Critère 6, vous pouvez aussi consulter l’indicateur 28 et l’indicateur 29 sur les partenariats et la responsabilité sociétale.
Conseils pratiques pour réussir l’indicateur 25
- Régularité plutôt qu’intensité : mieux vaut une demi-journée de veille par mois, tracée, qu’un effort massif et non documenté avant l’audit.
- Une seule pièce maîtresse : centralisez tout dans un tableau de veille unique et à jour. C’est le document que l’auditeur regardera en priorité.
- Reliez veille et impact : pour chaque innovation retenue, gardez la trace du changement opéré dans vos formations.
- Conservez les justificatifs : billets de salon, attestations de webinaires, factures d’abonnement, captures d’écran de newsletters.
- Pensez accessibilité : si vous accueillez des publics en situation de handicap, intégrez une veille dédiée à l’innovation pédagogique adaptée.
FAQ : vos questions sur l’indicateur 25 Qualiopi
Qu’est-ce que la veille des innovations pédagogiques et technologiques ?
C’est le processus par lequel le prestataire de formation reste informé des dernières avancées et tendances en matière de méthodes d’enseignement et de technologies éducatives, afin d’intégrer ces nouveautés dans ses offres de formation. Cette veille vise à garantir que vos prestations restent modernes, engageantes et adaptées aux besoins évolutifs des apprenants et du marché du travail.
Comment réaliser cette veille efficacement ?
En vous abonnant à des revues spécialisées, en participant à des conférences et salons professionnels, en suivant des webinaires, et en collaborant avec des réseaux professionnels qui partagent des informations sur les dernières innovations. L’essentiel est de formaliser cette activité dans un support de veille daté et de la mener de manière régulière plutôt que ponctuelle.
Quelles preuves fournir à l’auditeur pour l’indicateur 25 ?
Un tableau ou rapport de veille, des preuves de participation à des événements (billets, attestations), des abonnements à des revues, des justificatifs d’adhésion à un réseau professionnel, et surtout les enregistrements de l’intégration concrète des nouveautés dans vos formations (programmes mis à jour, nouveaux outils, modalités révisées).
Quelle est la non-conformité la plus courante sur l’indicateur 25 ?
La non-conformité mineure typique est l’absence d’exploitation de la veille : l’organisme a bien collecté de l’information mais ne démontre pas comment celle-ci a fait évoluer ses prestations. Pour l’éviter, reliez systématiquement chaque élément de veille pertinent à une décision ou à une évolution concrète de votre offre.
Conclusion : transformez l’indicateur 25 en levier de qualité
L’indicateur 25 n’est pas une simple formalité administrative : bien menée, la veille pédagogique et technologique devient un véritable moteur d’amélioration continue de vos formations, et donc de votre attractivité commerciale. La clé du succès tient en deux mots : veiller et exploiter, le tout en gardant des traces écrites.
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